Les solutions de communication à distance permettront de pallier la pénurie de personnel, d'améliorer les infrastructures et de promouvoir les assurances santé. Encore faut-il dépasser les problèmes d'usage, d'électricité et de financement.

Même si elles ne représentent qu'une partie de la solution, les technologies - Internet, mobile… - permettent de contrebalancer un certain nombre de difficultés qui freinent l'essor du marché de la santé sur le continent africain. Telle est en substance la conclusion apportée par les auteurs de la note publiée par Bearing Point sur les "TIC et les système de santé en Afrique". Les solutions de communication à distance améliorent l'accès à l'information à toutes les étapes de la chaîne de soins : prévention, diagnostic, traitement, suivi. Mais surtout, selon les auteurs du rapport, les technologies ont le potentiel de répondre à trois enjeux : promouvoir l'assurance santé, pallier la pénurie de personnel et améliorer les infrastructures. Mais pour y parvenir, il faudra dépasser trois obstacles : celui de l'usage, de l'électricité et du financement. Selon les consultants, le premier étant aussi le plus facilement surmontable.

Usages, électricité et financement

Les technologies nécessaires restent simples (SMS et solutions de transfert de données), et la question du déploiement des réseaux est en cours de règlement. L'illettrisme est aussi à relativiser : un grand nombre des informations sont transmises de manière simple, assez figurée. "Le vrai frein technologique n'est pas d'ordre télécom mais énergétique", soulignent les auteurs. L'approvisionnement régulier et continu restant une difficulté majeure, tant pour les utilisateurs que pour les centres de soins. Pour y remédier, les opérateurs proposent des solutions comme des batteries portatives, mais qui restent coûteuses. Dernier pré-requis : celui de multiplier les investissements. En effet le problème, pour les acteurs impliqués (opérateurs, équipementiers, éditeurs), reste de trouver les modèles économiques et financiers pour assurer la viabilité de leurs projets. D'où la nécessité de renforcer et diversifier les financements.

Privilégier les aides publiques, mais comprises dans une stratégie

Tant du domaine privé que public, au niveau local comme international", précisent les consultants. Ces derniers penchent cependant plus pour une aide publique - le marché n'étant actuellement évalué qu'à un peu plus d'un milliard de dollars, dont la moitié est concentrée dans cinq pays : l'Afrique du sud, le Nigéria, l'Egypte, l'Algérie et le Maroc. Mais cela, seulement si cette aide ne prend pas en compte uniquement l'investissement initial mais s'intéresse au projet sur le long terme, dans une logique de pérennité. Deuxième chose : l'injection de fonds issus du public doit s'inscrire dans une véritable stratégie en faveur des technologies pour la santé, et ne pas être constituée d'aides ponctuelles. Car si les acteurs sont nombreux, il leur manque encore une véritable coordination, regrettent les auteurs de la note.