L’annonce de la fonctionnalité nommée Discover de Snapchat met en lumière une nouvelle génération d’agrégateurs de contenus, et même plus généralement de médias.

L’agrégateur de contenus le plus célèbre dans les années 2000 s’appuyait sur la technologie des flux RSS (pour Really Simple Syndication pour sa version la plus récente) : l’utilisateur s’abonnait à un flux émis par un de ses centres d’intérêts (blog, journal …) et ce dernier recevait toutes les informations poussées via ce flux. Celles-ci sont indexées sur les mises à jour du site web : dans le cas d’un journal en ligne, chaque nouvel article publié est automatiquement poussé. Feedly  figure parmi les plus célèbres agrégateurs. Il permet de centraliser ces informations, d’ajouter des sites, et de créer des catégories. Mais ces agrégateurs se renouvellent tant pas leurs formes que par la façon dont les contenus sont distribués ; entre personnalisation des contenus digitaux et nouvelles plateformes digitales.

Repenser les formats et la personnalisation 

La nouvelle mise à jour de l’application de messagerie instantanée et éphémère Snapchat en est la plus belle illustration. Nommée Discover, la nouvelle mise à jour de la firme d’Evan Spiegel n’est ni plus ni moins qu’une nouvelle manière de recevoir des contenus digitaux. Sous la forme de mini applications au nombre de 12, cette fonctionnalité permet de consulter des vidéos, articles, musiques ou même recettes de cuisine. Snapchat s’est associé à des acteurs traditionnels, comme CNN ou National Geographic, mais aussi à Vice ou à la Warner Music Group. Les contenus promettent d’être variés et les entreprises partenaires pourront annoncer des nouveaux contenus sous la forme des célèbres messages éphémères de quelques secondes. Une chaine Snapchat a aussi été mise en place, et des journalistes et artistes ont été recrutés à ce titre.

L’application, valorisée 10 milliards de dollars, serait donc sur la voix de la monétisation. Soulignons que ses espaces publicitaires se vendent autour de 700 000 dollars, un montant faramineux qui repose sur la fabuleuse rétention de ses utilisateurs et du volume de « snaps » envoyés chaque jour (autour de 750 millions, plus que sur Twitter). 

L’application Yo, dont la devise est « zero character communication », se positionne aussi comme un nouvel agrégateur. Son principe est en effet assez simple : l’utilisateur s’abonne à des chaînes disponibles sur Yo (BBC trendings pour avoir les dernières informations ou encore Yobama pour savoir lorsque le président américain fait une déclaration importante), et l’application envoie une notification comprenant seulement « YO » avec un lien attaché. L’application avait levé 1,5 million de dollars en juillet 2014 après seulement un mois d’existence.

Mais le géant Facebook a lui aussi fait part de son ambition de devenir le « journal le plus personnalisé au monde » pour reprendre les mots de son PDG Mark Zuckerberg. Celui-ci est en effet convaincu que Facebook pourra créer le journal correspondant à chaque personne grâce à des algorithmes ultra-puissants basés sur les préférences et les actions de l’utilisateur sur la plateforme. Le fil d’actualité se transformerait alors en une multitude de contenus propres à chaque utilisateur. Reste à savoir si Facebook parviendra à reproduire l’âme même d’un journal avec sa ligne éditoriale et la sélection de contenus par les soins des journalistes… 

 

 
Rédigé par Arthur de Villemandy