[French Tech Tour] Pour ce tour des villes labellisées French Tech, L’Atelier revient sur l’écosystème de l’innovation dans la métropole Aix-Marseille.

Aix-Marseille : l’innovation passe par l’université

Avec son millénaire d’existence, on ne s’attend pas nécessairement à voir Aix-Marseille Université jouer un rôle important dans le monde de l’innovation provençal. Fort de ses 72 000 étudiants, l’établissement s’est pourtant associé à de nombreux projets pour faire avancer les start-up locales. Le plus ancien : l’incubateur Impulse basé à Marseille. Fruit de l’association de plusieurs écoles et universités de la région, l’incubateur interuniversitaire aide les entrepreneurs locaux depuis 2001 pour des campagnes de deux ans. 107 start-up ont ainsi vu le jour en 14 ans avec le soutien des universités et des collectivités.

Universités et musées se mettent aux couleurs de la French Tech à Aix-en-Provence. Ici la Fondation Vasarély.
 

De son côté, l’école de commerce Kedge va lancer un Speed up Lab pour les usages numériques. Laboratoire de l’innovation ouverte, le projet veut accompagner les entreprises dans leur transformation numérique notamment : « Notre volonté est également d’accompagner dans un processus d’open innovation, les entreprises qui ont des projets en souffrance, faute de temps ou de ressources » explique l’école. En plus de son incubateur à venir, Kedge Business School tente donc de jouer un rôle dans le monde de l’innovation provençal tant chez les start-up que chez les entreprises installées.

Les étudiants sur le devant de la scène

Si les établissements sont un peu les pionniers en matière d’innovation en Provence, les étudiants ne sont pas non plus en reste. En témoigne la fondation de l’association Start’Aix. « Le but est de mobiliser les anciens étudiants pour financer les projets des étudiants actuels » nous détaille David Dourguin, président de l’association. Sous forme d’une plateforme de financement participatif, Start’Aix regroupe les projets entrepreneuriaux des étudiants pour leur donner une meilleure visibilité et un financement. Un Kickstarter provençal et étudiant pour résumer qui organise aussi des événements dans la région afin de faire se rencontrer élèves, entrepreneurs et investisseurs.

Aix Marseille French Tech en chiffres

Deux villes, neuf projets pour une « Silicon Valley provençale »

Autant d'acteurs qui vont participer au nouveau label « French Tech ». Ce ne sont pas moins de neuf projets qui vont voir le jour dans la métropole Aix-Marseille et encore une fois les universités sont en première ligne : Aix-Marseille Université est ainsi membre du comité de pilotage French Tech de la métropole avec plusieurs autres écoles. Les projets menés quant à eux sont à l'initiative des entreprises. Répartis sur les deux villes, ces projets d’accompagnement poursuivent tous l’objectif d’aider les start-up locales à se développer mais pas nécessairement dans les mêmes secteurs.

E-commerce, e-tourisme, smart city, big data, sans contact (NFC), les initiatives des entreprises pour aider les start-up touchent un peu tous les domaines du numérique. Le tout sur deux lieux principaux : le futur Pôle média 2.0 à la Belle-de-mai et le Pôle numérique de la Constance à Aix-en-Provence.

Le défi de la collaboration

Face à ce morcellement des initiatives entre les deux villes, l’enjeu principal de la French Tech Aix-Marseille semble donc être la collaboration. Comment faire interagir ce monde de l’innovation à cheval entre deux villes ? « Il faut arriver à centraliser ce dynamisme local pour créer des synergies entre les différents acteurs » insiste David Dourguin. L’association Shakin’Provence tente de fournir une solution à ce problème. Son but ? Créer un réseau des acteurs de l’innovation provençale qui partage les ressources, les événements et les idées pour faire avancer l’écosystème start-up de la région. Quant aux établissements de l’enseignement supérieur, « on a besoin d’écoles beaucoup plus dynamiques en matière d’entreprenariat » explique le président de Start’Aix qui reste optimiste cependant : « les choses sont en train de bouger » assure-t-il.

Par Anthéa Delpuech et Guillaume Scifo