Les deux groupes ont profité du week-end pour annoncer la signature de leur accord de fusion. La pertinence de l'opération n'est pas questionnée par les acteurs du marché. "A un moment où...

Les deux groupes ont profité du week-end pour annoncer la signature de leur accord de fusion. La pertinence de l'opération n'est pas questionnée par les acteurs du marché. "A un moment où nous sommes poussés par les évènements du marché, et notamment le fait que nos propres clients, les grands opérateurs, eux-mêmes se consolident très vite, il est normal que les fournisseurs que nous sommes prennent la même voie", a expliqué Serge Tchuruk, l'actuel PDG d'Alcatel.
 
Cet accord va donner naissance, si les autorités donnent leur accord, au numéro un mondial des équipementiers de télécommunications, si l'on se base sur le chiffre d'affaires. La nouvelle société aura un chiffre d'affaires de 21 milliards d'euros, ce qui lui permettra de passer devant Cisco dont le CA est de 20,7 milliards d'euros.
 
Cependant, la capitalisation boursière de Cisco est bien plus élevée que celle du nouveau groupe : 111 milliards d'euros contre 30 milliards d'euros. On ne connaît pas encore le nom du nouvel ensemble. Mais, sans surprise, on sait qui va prendre sa direction. Patricia Russo, PDG de Lucent sera la dirigeante du nouveau groupe alors que Serge Tchuruk en sera le président non-exécutif. La nouvelle firme sera détenue à 60 % par les actionnaires d'Alcatel.
 
"Le principal objectif de cette fusion est de générer une croissance significative des revenus et des résultats en tirant partie des opportunités de marché dans les réseaux, services et applications de nouvelles générations, tout en réalisant d'importantes synergies. La taille, le portefeuille et les capacités de la nouvelle société augmenteront sa valeur sur le long terme pour ses actionnaires, ses clients et ses salariés", commentent les deux groupes dans un communiqué.
 
Rappelons que les deux sociétés avaient déjà entamé des discussions en vue d'une éventuelle fusion il y a cinq ans mais elles n'avaient pas abouti. Pour être finalisée, la transaction doit encore recevoir l'accord des autorités américaines et européennes ainsi que le feu vert de leurs actionnaires respectifs.
 
De son côté, Alcatel garde sa participation dans le groupe d'électronique et de défense Thales auprès de l'Etat français. Le conseil d'administration s'est prononcé en faveur de la poursuite des négociations pour augmenter sa participation dans Thales, "en vue d'un renforcement du partenariat actuel, qui se traduirait par l'apport de certains actifs et par une remontée au sein du capital de Thales", déclare le groupe dans un communiqué. EADS pourrait aussi entrer au capital de Thales.
 

(Atelier groupe BNP Paribas - 03/04/2006)