Avec plus de 29 millions d'utilisateurs référencés sur les différents réseaux sociaux, nos voisins d'outre-Rhin restent très connectés et actifs sur ces plateformes. Cependant, l'utilisation de Facebook et de Twitter restent très modérée.

Les Allemands privilégient les réseaux sociaux nationaux

En Allemagne, 23 millions de profils sont enregistrés sur Facebook ( source Socialbakers.com), et pourtant, le taux de pénétration du réseau ne dépasse pas 29% de sa population, estimée à 82 millions d'habitants. Une curiosité, lorsque l'on compare ces mêmes chiffres avec ceux de la France : 24 millions d'inscrits pour un taux de 38%, et une population moindre, de 62 millions d'habitants. Twitter connaît les mêmes difficultés pour se développer auprès des internautes allemands.

Une sécurité et une confidentialité pointilleuse

Pourquoi ? Parce que l’Allemagne fait surement partie de ces pays qui protègent le plus la vie privée et les données personnelles de ses internautes. Le débat agite la classe politique, entre liberté d'expression et protection de la vie privée.On se rappelle de l’affaire en Août 2011, lorsque la province fédérale du Schlewig-Holstein avait en effet interdit l'utilisation du bouton « like »sur Facebook, son usage permet notamment la sauvegarde de l'adresse IP de n'importe quel inscrit. Or, en Allemagne, cette adresse est considérée comme une donnée privée. Le délai de conservation des informations personnelles, sont aussi des freins à l’implantation et à la diffusion du réseau. Qu’en est-il pour Twitter? Le réseau de microblogging ne rencontre pas non plus l'agitation que l'on peut retrouver en France vis-à-vis de personnalités publiques ou politiques. Une moyenne de 130 000 followers pour les vingt premières pages a été recensée par SocialBakers. Camille Gras, community Manager et Rédactrice web chez Vecteur d'Image, et spécialiste des réseaux sociaux allemands, pense tenir une partie de la réponse. « Les Allemands ne sont pas d'un naturel très blogueur, et réprouvent l'idée qu'une personne étrangère puisse avoir accès à sa vie privée ou à ses opinions. De plus, le principe de Twitter, qui est de raccourcir les informations, ne s'appliquent à la langue, qui emploient souvent de longs mots» Pour s'exprimer, ces derniers préfèrent donc les plateformes sociales nationales.

La concurrence des réseaux sociaux « made in » Allemagne

Car puisque les grands réseaux sociaux ne permettent pas un contrôle garanti des données privées des utilisateurs, les Allemands ont décidé de s'inscrire sur des réseaux locaux et nationaux, tel que MeinVZ (Mein Verzeichnis; Mon répertoire, littéralement), créé en 2005. Cette plateforme, qui dénombre plus de 17 millions d'utilisateurs, est adapté à la fois aux adolescents, étudiants et aux seniors. Un succès populaire qui s'explique notamment par l'intégration de service téléphonique ainsi que de Facebook à l'intérieur du réseau même, pour faciliter son adhésion. Notons que le réseau social américain a enregistré une légère hausse de 5,27% de son taux de pénétration sur les six derniers mois.