Les nouvelles technologies de communication, ainsi que l’agrégation de données provenant de sources variées pourraient à terme permettre de réduire le nombre d’incendies par an, en permettant aux pompiers de travailler plus efficacement.

Analyse de données, capteurs, drones : vers une réduction des risques d’incendies

Alors que plus d’un million d’incendies sont déclarés chaque année aux États-Unis, les conditions des pompiers quant à l’accès à des informations basiques restent encore archaïques et on recense chaque année près de 30 000 pompiers blessés sur le terrain. Un manque cruel d’information aux conséquences terribles qui pourrait être éventuellement comblé par les nouvelles technologies de communication. C’est en tout cas ce que démontre l’étude, réalisée par le National Institute of Standards and Technology (NIST) et le Fire Protection Research Foundation, chargée de faire un « inventaire » de tous les outils digitaux possiblement utiles à l’optimisation des conditions de travail des pompiers.

Première technologie envisagée par l’étude, le système cyber-physique, qui permet, via un réseau sans fil, l’interaction en temps réel entre systèmes informatiques et systèmes physiques. Une interaction qui permet de par le fait, de capturer et enregistrer des données. Une telle technologie pourrait, selon les chercheurs, permettre d’améliorer la sécurité et l’efficacité de tous les pompiers (1.1 million aux États-Unis) et de réduire intensément le nombre d’accidents en leur facilitant un accès en temps réel à la donnée.

Ce que l’étude entend par combattre les incendies de manière « smart » consisterait dans ce cas à exploiter la data. Réunir une certaine quantité de données à propos des différents bâtiments, en se basant sur des rapports d’inspections ou bien sur des modèles digitaux des bâtiments en question, pourrait, à terme, permettre aux pompiers de définir rapidement quel est l’accès le plus rapide et le plus simple à une habitation en feu. A l’image de l’équipe de pompiers de New York, qui utilise un dispositif basé sur la data prédictive. Des données récupérées de multiples sources - permis de construire, rapports sur les coupures de courant, etc. - permettant de développer quotidiennement des profils à risque de 330 000 bâtiments dans la base de données de la ville.

Les grands concepts du "smart fire fighting", principalement basés sur la donnée

Alors que la donnée faciliterait l’accès au lieu du sinistre, les pompiers pourraient ainsi appréhender la manière dont le bâtiment est construit, analyser les images prises par les éventuelles caméras de surveillance, se renseigner quant aux matériaux potentiellement dangereux présents sur le site alors qu’ils se rendent sur le site en question.

De manière plus concrète, des capteurs positionnés dans les buildings, mais aussi à l’intérieur des équipements des pompiers pourraient permettre d’incrémenter leur sécurité, lorsqu’il s’agira de détecter des matériaux dangereux, d’analyser la température, de tracker la position des pompiers qui se déplacent dans le bâtiment, et les éventuels employés piégés par le biais de leur badge, lui aussi équipé de capteurs. Une technologie qui permettrait donc aux pompiers d’être plus précis, et par conséquent plus rapides dans leurs actions.

L’étude souligne également les avantages potentiels d’un déploiement de robots et de drones eux aussi équipés de capteurs et autres équipements ne nécessitant pas une présence humaine pour fonctionner, à l’image des robots chargés d’explorer les centrales nucléaires post-catastrophe. Capables de procurer une vision à 360 degrés de la scène et de transmettre des données cruciales, ces technologies pourraient avoir un impact certain quant au bon déroulé de l'opération. Un projet qui fait écho à celui du drone ambulance, un prototype capable de transporter un défibrilateur à une vitesse de 100 kilomètres par heure, avec pour but ultime d'augmenter les chances de survie des victimes.

Alors que certaines de ces initiatives requièrent des équipements de haute technologie, beaucoup d’entre elles sont surtout une question d’amélioration de la communication et la circulation des informations. L’interopérabilité entre les bases de données (qu’elles proviennent des mairies ou bien d’entreprises), les dispostifs technologies et autres réseaux, pourrait permettre de cibler la prise de décision et par conséquent d’améliorer l’agilité et l’efficacité des services de pompiers.

Rédigé par Anthéa Delpuech