D'après ABI Research, les applications mobiles ont encore trois belles années devant elles avant de lentement péricliter. Les entreprises vont devoir s'adapter et repenser leurs politiques sur mobile.

Le téléchargement d'applications mobiles sur l'AppStore atteindra son apogée en 2012-2013, avant de connaître un déclin lent mais régulier, selon une étude de ABI Research. Le cabinet estime tout de même à environ 1,2 milliard les applications téléchargées par les mobinautes à la fin de l'année 2015. Malgré tout, cette tendance remet en question les stratégies à moyen terme des entreprises, avec en vue un premier défi : se différencier de la masse - prévue - des applications disponibles sur le marché. Pour ce faire, les étapes classiques de création et de promotion continuent de s'appliquer. Toutefois, "la question du développement de l'application en interne ou en externe se posera nécessairement pour les entreprises dont ce n'est pas l'activité principale", notent les chercheurs.
Les retours sur investissements difficiles à évaluer
Les entreprises devront également se poser la question de la pertinence du développement d'une application mobile, surtout si leurs consommateurs sont peu nombreux sur ces plates-formes. D'autant que "le retour sur investissement de ces applications est encore difficile à évaluer", selon le rapport du cabinet. Car dans la pratique, si une minorité des applications peuvent être utilisées pour stimuler la vente directe, la majorité d'entre elles sert uniquement à asseoir la notoriété des marques et la fidélité des consommateurs. Et le ROI de ce type d'applications est encore plus difficile à calculer. Pour Etienne Bureau, directeur Marketing de Novedia, c'est principalement du fait "d'une utilité de courte durée", comme il l'explique à L'Atelier.
Une évolution qui implique des coûts supplémentaires
Par ailleurs, "l'accroissement des différentes plates-formes, va poser le problème du développement", explique-t-il. "Car créer une application qui puisse être utilisée par une multitude de plateforme nécessite un investissement supplémentaire en terme de développement et de maintenance". Il prédit dès lors l'apparition "dans les années à venir, d'une plateforme unifiée : le navigateur". Celui-ci pourrait devenir une solution pour diminuer les coûts. Plutôt que de recourir aux applications, les entreprises se tourneraient en effet plus volontiers vers la création de sites mobiles, finalement plus appropriée pour des applications marketing."Cela permettra de répondre aux besoins des entreprises d'animation et de relationnel sans contraintes financières et/ou techniques", conclut-il.