De nombreuses entreprises ou même individus utilisent les nouvelles technologies pour prévenir toutes sortes d’agressions. Objets connectés et smartphones, en tête.

Applications et objets connectés aident la lutte contre les agressions

En France, on enregistre une plainte pour viol toutes les 40 minutes selon une enquete publiée par Le Figaro. Profitant de solutions technologiques, des dispositifs ont vu le jour pour à la fois protéger les potentielles victimes, mais aussi pour faire fuir leurs agresseurs. Des sous-vêtements au jeans “intelligents”, en passant par le vernis à ongles détecteur de GHB et différents wearables dont nous parlions en juillet, les gadgets "anti-agressions" sont donc désormais nombreux.

Toutefois, deux types de technologies se démarquent : les (petits) objets connectés et les applications sur smartphone. Transportables, connectées et géolocalisables, ces initiatives permettent de se sentir en sécurité mais ne résout toutefois pas tous les problèmes.

Des applications « ange-gardien »

Parmi les objets connectés, une start-up américaine a mis au point un spray au poivre doté d'un appareil photo. Baptisé « The Defender », ce dispositif permet de photographier son agresseur avant de lui projeter une dose de lacrymogène dans les yeux et d'émettre une alarme assourdissante. Connectée à un smartphone, cette application est en mesure de localiser son utilisateur rapidement grâce au GPS. Plus esthétique, il existe le bracelet connecté au mobile et également géolocalisable. Baptisé Safelet, il permet à la victime d'envoyer un message d'alerte à ses proches, à la police ou à la communauté d’utilisateurs en appuyant simplement sur deux boutons. Un dispositif "anti-viol" qui a déjà réuni les 40 000 dollars nécessaires de manière participative.

Parmi les applications, « Gaspard » est un dispositif d’entraide social. Si vous n’avez pas le temps de sortir votre smartphone, un boitier discret et accessible vous permet d’alerter la communauté (2 pressions successives). Son créateur, Nicolas Desachy espère d’ailleurs créer « un mouvement citoyen » et souhaite que son application s’adresse « à ceux qui en ressentent un réel besoin ». Crée par des étudiants américains, l'application Companion assure les déplacements des étudiantes sur les campus la nuit. Elle peut détecter les signes d'un éventuel danger si le portable est secoué, si les écouteurs sont arrachés ou si l'utilisateur court ou dévie de son chemin. En cas d'absence de réponse au bout de 15 secondes, l'application envoie un message d'alerte aux contacts sélectionnés. Pourtant entre le vol ou l’agression, Companion ne fait pas encore de différences.

La prévention, principale arme de défense

Les applications pour la sécurité des femmes connaissent d’ailleurs un tel succès puisqu'elles ont été téléchargées des centaines de milliers de fois, notamment aux États-Unis et dans certains pays européens (Danemark, Allemagne). Pour Nicolas Desachy, créateur de "Gaspard", ce sont de « bonnes initiatives face à une société qui a tendance à tendre vers un climat anxiogène ». Pourtant, il n’existe pas encore de « systèmes émergents pouvant assurer une sécurité optimale » face aux agressions ou harcèlements de rue.

Des applications qui géolocalisent mais qui ne permettent pas de suivre à la trace son utilisateur. En effet, si la fonction GPS qui peut rassurer certaines personnes, tout comme la mise en relation directe avec la police, celles-ci doivent être activées pour suivre les faits et gestes d’un individu.

Une présence qui doit « rester complémentaire à ce type de service » selon Nicolas Desachy. En effet, l’intérêt de payer une application pour appeler la police en cas d’agression peut sembler curieux.

Aussi si les nouvelles technologies offrent un sentiment de sécurité, la banalisation de ce type de dispositif pourrait également augmenter le sentiment de culpabilité des victimes. « Pourquoi n’avais-tu pas ton localisateur ? Pourquoi n’as-tu pas appuyé ? », soit autant de questions pour des personnes qui n’ont pas à craindre le danger de se déplacer seules la nuit. Une meilleure prévention grâce à la démocratisation des smartphones permet donc à une population plus large de s’équiper en systèmes assurant leur sécurité.

Rédigé par Djibril Soumah
Journaliste