Utilisant l’informatique dans toutes leurs armes, les militaires sont autant concernés par le bug de l’an 2000 que les entreprises et les administrations. Seule organisation européenne compétente e...

Utilisant l’informatique dans toutes leurs armes, les militaires sont autant concernés par le bug de l’an 2000 que les entreprises et les administrations. Seule organisation européenne compétente en matière de défense, l’Union de l’Europe occidentale (UEO) a publié le 5 novembre son “rapport sur le bug” passant en revue les efforts de 21 pays. Alors que l’Allemagne ou le Royaume-Uni se sont mobilisés depuis 1996, la France n’a commencé que cette année. La Roumanie, quant à elle, affirme “ne posséder aucune système d’armes qui soit affecté” par le bug. La grande inconnue demeure la Russie. Son ministère de l’énergie atomique a récemment déclaré qu’il attendrait “l’an 2000 pour remédier à toute panne d’ordinateur due au changement de millénaire”. Si une panne affecte un ordinateur ou un distributeur de billets, c’est ennuyeux, mais lorsqu’il s’agit d’un missile hors contrôle, c’est une catastrophe. Même si comme l’assure Bao Nguyen Huy, de la délégation générale pour l’armement (DGA), “dans les missiles, l’information est traitée en temps réel. Leurs logiciels n’utilisent pas de date. Ils ont des compteurs initialisés au moment du tir. Peu importe le jour”, le point faible provient des systèmes de préparation de missions et surtout des systèmes d’information et de commandement. Il s’agit des ordinateurs et des télécommunications appelés SIC par les militaires, utilisés par les états-majors pour conduire les opérations. Pour l’essentiel, ces SIC sont des matériels civils “achetés sur étagères” et, à ce titre, aussi vulnérables que les micros de n’importe quelle PME. Tout doit donc être vérifié avec les éditeurs de logiciels. Des vérifications systématiques ont été entreprises grâce à des tests opérationnels sur l’ensemble des systèmes concernés recensé par la DGA “c’est une tâche laborieuse, il y a près d’un millier de gros systèmes d’armes concernés”. Ayant 2 200 systèmes “critiques du point de vue des missions”, les militaires américains très mobilisés sur le Y2K (Year 2 Kilos, soit “année 2000”) n’en perdent pas pour autant le sens de l’humour. Ainsi, trouve-t-on sur le site Internet de l’US Air Force sur le bug, cette phrase du magicien d’Oz “mais comment pourrais-je savoir où je vais avant d’y être?”. (Libération 1er/12/1998)