La France est encore à la traîne sur le marché des comparateurs dans l'assurance car les individus, au delà du prix, restent attachés à la relation client avec leur futur assurance. Une situation en train de changer.

Dans l'assurance aussi, les comparateurs sont une vitrine pour les marques

Interview avec Stanislas di Vittorio, fondateur du comparateur en Assurance, Assurland.com

L’Atelier : Quels sont les avantages de la comparaison dans les produits d’assurance ?

Stanislas di Vittorio : Dans le cas de produits de grande consommation, les prix d’un même type de produit sont en général assez similaires, or ce n’est pas le cas dans l’assurance. Le prix d’une assurance correspond davantage au risque estimé par l’assureur, et c’est la méthode de calcul qui explique alors des prix assez divergents. Le comparateur permet au consommateur de mieux s’y retrouver à tout moment, même si les produits ne sont pas exactement similaires. Pour autant, on remarque que même si un groupe d’assurance connu est plus cher qu’un concurrent moins connu, c’est la notoriété qui jouera beaucoup en sa faveur dans la signature d’un futur contrat.

Quel est alors l’intérêt pour les assureurs d’être présents sur ce type de plates-formes ?

À l’origine les assureurs étaient assez frileux à être comparés. Pour autant les consommateurs ont montré un certain intérêt pour notre site et de fait les petits assureurs puis les grands groupes ont été par la force des choses obligés de s’y mettre. Il s’agit en effet pour les consommateurs d’un moyen efficace de chercher sa future assurance. Notre site est donc un relais de croissance pour les assureurs à qui l’on envoie de nouveaux clients. Les comparateurs de manière générale permettent aux marques de s’exposer comme dans une vitrine.

En est-on en France comme dans les pays qui ont vite adopté ce type de solutions ?

Le marché dans l’Hexagone est intermédiaire mais n’est pas encore totalement pénétré. Aujourd’hui on compte environ une dizaine de comparateurs d’assurance mais le marché est dominé par Assurland qui représente presque 80% du marché. En Grande Bretagne, déjà environ 60 % des gens passent pas un comparateur pour souscrire une assurance auto, en France seulement 4 à 5 %. Il y a deux raisons à cela : d’une part, la maturité de notre marché. La migration des consommateurs vers l’Internet en cas de questionnement concernant un produit n’est pas encore automatique contrairement aux pays Anglo-saxons. D’autre part, en Grande Bretagne on considère l’assurance comme un produit de "consommation" ce qui n’est pas le cas en France. Les Français recherchent en priorité une relation de confiance avec leur assureur et sont donc moins enclins à comparer.

Est-ce que la popularisation des smartphones et l'engouement pour les applications pourrait changer la donne ?

Les assureurs ont tout intérêt à développer des applications pour que les assurés, puissent par exemple faire une déclaration de sinistre via leur téléphone. Dans le cas des comparateurs, l’intérêt est moindre. Lorsque l’on compare dans l’objectif d’acheter, notamment dans le cadre d’assurance, il ne s’agit pas de le faire à la va vite. Il s’agit de remplir un questionnaire d’une quarantaine de questions et je ne crois pas qu’il soit commode de le faire via un smartphone. Je crois plus en la tablette qui est dans le prolongement logique du PC.

Rédigé par Maxime Besson Vivenzi