Une étude dévoile que les conséquences d'un attentat s'inscrivent sur le long terme et sont majoritairement influencées par l'état psychologique des individus.

Après un attentat, l'état psychologique des individus pèse sur l'économie

Les retombées économiques immédiates d'un attentat ne seraient que la partie émergée de l'iceberg. En effet, selon une étude réalisée par une équipe de chercheurs et d'économistes américains, alors que les dommages immédiats d'un tel événement s'élèveraient à un milliard de dollars, ce chiffre serait multiplié par quinze au cours des années suivantes. L'étude, réalisée dans le cadre d'un numéro du journal Risk Analysis consacré au terrorisme, évalue à environ 16 milliards de dollars les pertes pour l'économie d'une région au bout de dix ans. Et la responsabilité reviendrait à l'état psychologique des individus post-attentat.

Un consommateur qui ne veut plus consommer

Pour aboutir à de telles conclusions, les chercheurs ont simulé auprès d'un panel de 625 individus de différentes nationalités un attentat à la bombe radiologique au centre de Los Angeles. Des articles de journaux ainsi que des journaux télévisés ont été présentés au panel qui a alors pu exposer ses impressions à chaud. Bilan ? La majorité des individus sondés avoue se sentir réticente à l'idée de revenir à une vie normale, en particulier du point de vue financier. Sondés une seconde fois au bout de six mois, 41% affirment ne pas envisager retourner déjeuner ou même faire du shopping à proximité du lieu sinistré, même après décontamination de celui-ci. A part, évidemment, si les entreprises proposent des réductions conséquentes.

Des réticences à l'idée de revenir travailler

Une perte de consommateurs inquiétante pour les entreprises, donc, mais ce n’est encore rien par rapport au point de vue des salariés. Ainsi, à la suite d'un tel attentat, les individus interrogés affirment que s'ils étaient salariés dans une entreprise se situant dans la région où a eu lieu l'explosion, ils demanderaient une augmentation de 25% de leur salaire pour revenir travailler. Et, selon les chercheurs, un tel cas de figure ne serait pas spécifique aux attentats. Il pourrait s'appliquer à d'autres événements des destructeurs du type catastrophes naturelles.