Le livre numérique continue de gagner des parts de marché et redéfinit le secteur de l'édition. Pour autant il semble que les supports doivent encore être améliorés.

"Au Japon, les ventes d'e-books connaissent un succès inégalé"

Entretien avec Yasuko Matsui, responsable de Payless, une librairie virtuelle japonaise. Cela, à l'occasion du forum mondial de la culture et des industries culturelles, Focus 2011, organisé par l'UNESCO sur le thème du "Livre de demain".

L'Atelier : Qu'en est-il du livre numérique au Japon ?

Yasuko Matsui : Les ventes d'e-books connaissent un succès inégalé. En 2010, cela a représenté 800 millions de dollars. Le marché tire notamment sa croissance de l’extension sur mobile. Aujourd'hui, les ventes sur appareils portables ont dépassé celles sur PC et le nombre de sites mobiles pour e-books a fortement augmenté. Deux autres facteurs favorisent notamment la croissance : près de la totalité des appareils mobiles sont désormais connectés en 3G dans notre pays. De plus, les gens acceptent de plus en plus de payer par téléphone directement, ce qui facilite l'achat des livres électroniques. Les analystes prédisent ainsi que le marché devrait représenter presque 1,6 milliards de dollars en 2014 au Japon.

Pourquoi le livre numérique est-il une solution intéressante ?

Cela peut paraître anodin, mais la publication d'ouvrages au Japon a fortement augmenté ces dernières années et cela pose plusieurs problèmes au secteur. D'une part, dans les conditions actuelles, les coûts liés à l'édition sont très importants : coûts d'impression, de distribution et surtout de stockage des livres papiers ne s'appuient plus sur un modèle d'affaire viable à moyen terme. D'autre part, les livres occupent désormais trop d'espace dans les boutiques qui ne peuvent pas les garder plus d'un trimestre. Le livre numérique est alors une solution intéressante. Plus besoin de renouveler les espaces de vente puisqu'un seul e-reader peut contenir près de 1 000 ouvrages. Les coûts d'impression et de distribution disparaissent, ce qui, il faut bien le souligner est également un geste durable.

Les supports sont-ils bien adaptés au contenu que vous proposez ?

Les livres numériques ont encore quelques faiblesses. Si en tant qu'éditeur nous travaillons de plus en plus pour enrichir le contenu d'effets sonores et de voix par exemple, cela pose de nombreux problèmes puisqu'il nous faut alors couper en plusieurs fichiers nos e-books. De plus, pour beaucoup de japonais qui utilisent en général leur téléphone pour lire du contenu, les écrans sont trop petits. Il semble que l'arrivée sur le marché d'une nouvelle génération de smartphones et l'acceptation des tablettes ouvriront de nouvelles perspectives pour apporter du contenu plus interactif.