Ceux qui ont suivi ses cours à l'Ecole polytechnique le considèrent comme un visionnaire de la recherche sur Internet. De fait, son discours comme sa société (Exalead) semblent devancer les évolutions du marché de la recherche d'information.

François Bourdoncle – Président Directeur Général d’Exalead

Ceux qui ont suivi ses cours à l’Ecole polytechnique le considèrent comme un visionnaire de la recherche sur Internet. De fait, son discours comme sa société (Exalead) semblent devancer les évolutions du marché de la recherche d’information. A 39 ans, diplômé X-Mines, docteur en informatique, François Bourdoncle a participé à la création de l’un des premiers moteurs de recherche sur le web, en développant le module d’analyse sémantique d’AltaVista, au début de l’année 1996. En 1999, il a fondé Exalead. Le positionnement de cette société ? Faciliter l’accès aux informations pour les internautes et/ou les collaborateurs d’entreprise. L’Atelier donne la parole à cet expert pionnier et toujours visionnaire.
Atelier – François Bourdoncle, bonjour. Exalead est spécialiste en recherche d’information tant pour les internautes que pour les entreprises. Comment se répartissent vos actions dans ces domaines lorsqu’il s’agit de rechercher de l’information sur Internet ?
François Bourdoncle (Exalead) – Si 75 % de notre chiffre d’affaires provient des solutions conçues pour les entreprises afin de faciliter les recherches d’informations de leurs collaborateurs, nous nous intéressons aussi de près au Web, en étant notamment le fournisseur technologique du moteur de recherche d’AOL France, qui indexe plus de 50 millions de documents. La particularité de ce moteur ? AOL France possède un partenariat mondial avec Google, mais a souhaité développer d’autres services de recherche qui prennent en compte les particularités nationales. Ainsi, notre moteur de recherche sur AOL France propose un ordre des résultats par mots clefs qui intègre une analyse des connexions sur les sites Web. Les sites français apparaissent par exemple devant les sites belges et québécois qui sont très présents sur la toile, mais qui n’intéressent pas toujours en premier chef les internautes français. Par ailleurs, des sites clef remontent plus en avant : adobe.fr devant adobe.com (plus pratique pour le téléchargement), le ministère de la Santé lorsque vous tapez « santé »… Les internautes semblent apprécier : en moins de deux ans, le trafic d’AOL France a fait plus que doubler.
Atelier – Une belle performance, en effet. Que prévoyez-vous de nouveau en ce qui concerne la recherche d’information sur le Net pour les collaborateurs d’entreprise ?

François Bourdoncle (Exalead) – Le 28 avril prochain, nous lançons la version 3 d’Exalead Corporate qui sera en démonstration sur notre site exalead.com La nouveauté ? Une technique d’indexation en temps réel, dont la durée de mise à jour est paramétrable pour les entreprises. Celle-ci rend le moteur de recherche beaucoup plus réactif que celui de Google dont le « robot » passe sur les sites recensés une seule fois par mois. Comment est-ce possible ? Grâce à une technique de modélisation des pages des sites web recensés (crawling) qui permet de les indexer fréquemment sans faire exploser la bande passante.
Atelier – Le marché des moteurs de recherche via Internet s’est sensiblement concentré autour de Google, Yahoo, AOL et MSN. Ces derniers intensifient la diversification de leurs offres, parfois au dépend de l’approfondissement de la performance de leur moteur de recherche, selon certains avis. Du côté des entreprises, les capacités de classification des recherches semblent touchées deux grands domaines : la santé et le juridique. Mais le reste paraît moins impacté. Comment voyez-vous évoluer la recherche d’information ?
François Bourdoncle (Exalead) – Du côté des entreprises, l’enjeu principal est de faciliter l’accès aux informations pour les collaborateurs. Pas nécessairement de leur bâtir des taxonomies complexes qui ne correspondent pas à leur besoin. Il faut penser la recherche d’information comme un élément quotidien du travail des collaborateurs, qui, pour être efficace et productive, doit être compatible avec la nature humaine, donc aussi avec les fautes d’orthographes J J C’est pourquoi nous avons mis en place des systèmes de phonétique et d’analyse de corpus afin de pallier ce type d’erreurs.
Seconde tendance forte, la fraîcheur de l’information. D’où cette nouvelle capacité de paramétrer la mise à jour des indexations. Les bases de données du 21ème siècle seront performantes si elles sont reliées à cette couche d’accès à l’information que nous proposons aux entreprises. C’est une autre idée de la gestion des connaissances qui émerge : la fraîcheur des informations, la pertinence de leur classement (en fonction de la densité des sites, plutôt que de leur trafic…), la facilité des recherches à taper en sont les trois piliers. Mais cette nouvelle logique de recherche d’information ne doit pas être l’exclusivité des entreprises. Notre objectif est d’amener cette nouvelle philosophie également au service des internautes…