Alors que le salon aéronautique du Bourget vient de fermer ses portes, une constatation s’impose : on y a beaucoup parlé « digital ».  De là à en faire un CES à la française, par référence au Consumer Electronic Show qui se tient chaque début d’année à Las Vegas et est devenu le grand salon mondial des start-up, des usages et des produits numériques grand public, il y a un pas. Le salon VivaTech qui vient de se terminer et au cours duquel L’Atelier BNP Paribas a présenté une étude sur la foodtech tiendrait plutôt la corde en la matière. Mais quand on y regarde de près, le salon aéronautique du Bourget pourrait lui aussi avoir l’ambition de devenir une des grandes vitrines mondiales du numérique.

Une nouvelle façon de voir

AFFICHE OFFICIELLE DU BOURGET 2017

Bourget

Certes, le Bourget reste avant tout le salon des avions – et des commandes pour Airbus, Boeing et les autres - mais c’est là le piège. Quand on est dans un secteur, on a tendance à rester accroché à ses spécificités historiques. Et quand arrive le digital, on y voit essentiellement une façon de faire évoluer le produit et ses usages.

Sauf que dans le cas du numérique, cette révolution pousse à voir autrement les industries historiques. Les experts aéronautiques doivent donc se poser la question : et si au lieu de voir des avions, ils commençaient à voir ce que les aéronefs deviennent vraiment : des objets connectés !

Un système protégé

Enoncer cette réalité peut surprendre quand on constate la lenteur avec laquelle les compagnies aériennes installent progressivement le wifi à bord des avions. D’autant que ce mouvement se heurte à certains impératifs de sécurité. Les Etats-Unis parlent ainsi d’interdire les ordinateurs portables à bord de leurs compagnies aériennes. Le fait de voir un avion comme un objet connecté et non plus comme un aéronef résulte de tout un ensemble de paramètre. D’abord parce que de très nombreuses informations sont échangées entre le sol et le cockpit : météo, état du trafic, informations de sécurité… Et avec le développement attendu des drones, ces données vont être de plus en plus nombreuses et vitales. Des informations qui ne doivent surtout pas être partagées avec les passagers. Il faut donc un système protégé et hermétique.

IFE, la clé des loisirs digitaux à bord

Dans le même temps, quand un passager prend l’avion, il souhaite pouvoir regarder des films, jouer à des jeux vidéo, profiter de tout le système de loisir électronique proposé par les compagnies. C’est ce qu’on appelle le In Flight Entertainement, l’IFE, qui est en plein développement. Car avec le développement du digital, ces systèmes se mettent à la fameuse expérience utilisateur, l’UX, qui va permettre à ces loisirs électroniques en vol de franchir un pas de géant. Ces IFE sont des systèmes qui sont à la fois individualisés pour chaque passager, gérés collectivement par l’équipage commercial et contrôlés par l’équipe de pilotage. Cela fait longtemps qu’ils existent mais une des pistes en cours d’étude, c’est de le gérer à distance, dans le cloud, afin d’éviter d’avoir à embarquer un lourd serveur à bord. Or, le pire ennemi d’un avion, c’est le poids. Voilà donc une piste d’allégement prise très au sérieux par les constructeurs et les transporteurs.

De meilleurs services embarques

Seat

Shutterstock

De la place pour les jambes

Le digital joue aussi un rôle clé dans la conception des avions elle-même. Le critère le plus important pour un passager, c’est la place pour les jambes. Aujourd’hui, avec le développement de la conception assistée par ordinateur, dont le français Dassault Systèmes est d’ailleurs un des champions mondiaux, la conception des sièges d’avions évolue tous les jours. Ce design numérique concerne plus globalement tout l’avion, ses ailes, ses moteurs… De quoi notamment optimiser l’emport de carburant. Un impératif économique… et écologique. 

Le Big Data à la rescousse

L'avion de demain sera axe sur la data

Avion connecté

Autre exemple de la façon dont le digital bouleverse en profondeur l’industrie aéronautique : le Big Data.

Avec le Big Data, les compagnies aériennes auront une connaissance encore plus profonde de ses clients, de leurs choix, de leurs habitudes, de leurs attentes et ce dans tous les domaines : services souhaités, nombre de bagages moyen, type de nourriture ou de boisson préférées… De quoi les satisfaire encore mieux donc les fidéliser.


Le digital appliqué à l’aéronautique ne se limite pas aux avions eux-mêmes. L’aéronautique, le transport aérien constituent tout un écosystème qui commence dès la réservation du billet puis s’étend à la gestion des bagages, au mode de transport pour rejoindre l’aéroport, au parking C’est tout cet ensemble que le numérique va permettre de mieux gérer demain. Avec des conséquence importantes dès la conception des infrastructures destinées à accueillir les avions et leurs passagers. Un point qui nous renvoie à un sujet cher à L’Atelier BNP Paribas : la smart city.

Rédigé par Guillaume DEGROISSE
Directeur marketing & contenus