Si l’écosystème startups français et israélien sont très différents, les deux pays se nourrissent mutuellement. Décryptage par Daniel Bessis, représentant de Paris Région en Israël.

[Axis Paris] "Pour les startups françaises, Israël est une bonne plateforme de test ou de pilote"

Entretien avec Daniel Bessis, Chief Representative en Israël pour Paris Région, lors de l’événement Axis Paris 2014, dont L’Atelier est partenaire, qui réunissait investisseurs internationaux et startups françaises.

L’Atelier : En quoi consiste votre rôle en Israël avec l’agence Paris Région ?

Daniel Bessis : L’antenne de Paris Région en Israël permet de donner une visibilité à l’écosystème d’innovation en France et de favoriser les partenariats technologiques entre les entreprises israéliennes et françaises. Nous assurons également l’accompagnement des entreprises israéliennes qui souhaitent s’implanter en France. Notre mission est de rapprocher les écosystèmes d’innovation des deux pays.

Qu’est-ce qui attire les entreprises israéliennes en France ? Et inversement ?

En Israël, les petites entreprises du niveau startup se développent mais ont besoin de s'exporter à l'international. Il y a très peu de moyennes entreprises et les structures de plus de 100 employés sont très rares. Elles viennent donc chercher en France des marchés, ou des partenariats technologiques. Beaucoup cherchent également des distributeurs ou des intégrateurs pour faire avancer leur business.

Jusqu'à une date récente, les grands groupes francais ne s'implantaient pas en Israël, mais la vitalité de l’innovation fait que ceci est en train de changer. Les startups sont attirées par le pays, mais celui-ci ne constitue pas un marché et la concurrence y est rude. Les Israéliens sont très friands d’innovation. Ils aiment bien essayer les nouveaux produits, ce qui en fait une bonne plateforme de test ou de pilote. Les secteurs porteurs ne sont pas orientés "techno" mais plutôt vers des segments particuliers comme le bien-être ou le sport.

Qu’est-ce qui pousse les investisseurs israéliens ou internationaux à investir en France ?

Ce qu’il faut retenir est que globalement, les investisseurs aiment bien investir dans des entreprises avec lesquelles ils ont une proximité géographique. Néanmoins, cette règle est entachée d’exceptions. La France peut en faire partie. En effet, l’excellence des ingénieurs français, leur créativité et leur sérieux commencent à être reconnus sur le plan international. Avoir des évènements comme l’Axis Paris est très intéressant car cela permet de rassembler à la fois des investisseurs internationaux et français.

Mais comparés aux autres écosystèmes, quels sont les points faibles et points fort de celui français?

Reconnaissons qu’il y a plus d’argent à investir dans les pays anglo-saxons qu’en France. Il y a plus de capital disponible pour prendre des risques ou pour aller vers les startups dans ces pays. En Israël, la culture business y est similaire. En France, il est certain que les codes business sont différents et les étrangers ne le comprennent pas toujours très bien. Un exemple est qu’en France, plus on est décideurs, moins on est accessibles. Et c’est une idée qui échappe complètement aux Israéliens.

En France, les gens ont tendance à parler d’abord des choses qui ne vont pas alors qu’il y a tout de même des succès comme par exemple l’introduction en bourse de Criteo. Parmi les points forts, il y a l’excellence de la formation qui permet de mettre sur le marché des ingénieurs de haut niveau, des créatifs talentueux et des businessmen rigoureux, la puissance des grands groupes aux savoir-faire reconnus et la vitalité des écosystèmes. Il y a certes moins d’argent en France pour les startups mais le marché français se développe vraiment.

 

Rédigé par Eliane HONG
Journaliste