Face à la levée de boucliers suscitée depuis quelques semaines par l'annonce de son alliance avec le prédicateur américain Pat Robertson (voir la revue de presse du 10/05), la Bank of Scotland doit ...

Face à la levée de boucliers suscitée depuis quelques semaines par l'annonce de son alliance avec le prédicateur américain Pat Robertson (voir la revue de presse du 10/05), la Bank of Scotland doit réexaminer son projet de filiale commune. Le projet de New Foundation Bank, présidée par Pat Robertson, accueilli par les analystes avec intérêt, s'est déjà heurté depuis plusieurs mois à l'hostilité d'une partie de la clientèle de la banque écossaise. La banque a reconnu que l'annonce avait déjà entraîné la fermeture de près de 500 comptes. Le conseil régional de West Lothian (centre du pays) menace également de fermer son compte de 250 millions de livres (2,5 milliards de F, 387,5 millions d'euros). Non seulement l'union des syndicats britanniques a déjà menacé de mettre un terme à son accord portant sur l'utilisation de 100 000 cartes bancaires avec la Bank of Scotland, mais un organisme oecuménique, représentant environ 1,5 million de membres des diverses églises d'Ecosse, menace de lancer le 18 juin un appel au boycottage. En avril dernier, Peter Burt, le directeur général de la banque écossaise, annonçant une hausse de 36 % de son résultat annuel avant impôt, avait justifié l'accord en estimant qu'il ne devrait pas être "affecté par les conceptions religieuses d'un partenaire".

A la suite d'une ultime "explication" avec Pat Robertson, Peter Burt devrait annoncer aujourd'hui la rupture de son accord avec Robertson Financial Services. Inspiré de sa filiale commune Sainsbury's Bank, créée en 1997 avec le groupe de distribution Sainsbury (1 million de clients aujourd'hui, 1,7 milliard de livres de dépôts), le projet de banque directe avec Pat Robertson représente la première incursion de la banque écossaise aux Etats-Unis. Dans le domaine de la banque directe par téléphone à travers leurs partenariats avec les groupes de distribution et depuis le succès de First Direct (groupe HSBC), les banques britanniques sont incontestablement en avance. (Les Echos - La Tribune - 4/06/1999)