Analyste à l'Atelier, Anne Kappelhoff-Lançon signe une étude sur l'intégration des outils Internet par les gestionnaires de fortune français et internationaux.

«Offrir des services Internet est une condition minimale pour les banques privées», pouvait-on lire cette année dans les notes de Moody’s. C’est sur ce constat qu’ont choisi les banques privées et leurs nouveaux concurrents pour s’affronter au cours des 24 derniers mois. Car, qui dit Banque Privée, dit souvent traditionnel mais pas forcément retardataire. Avec une cible en pleine évolution (les clients de la gestion de fortune ont souvent une solide connaissance de l’Internet) et le désir de séduire des strates de clients autrefois ignorés -pour cause de portefeuille moins garni- la banque privée a été le terrain de maintes conversions. Lors de notre première enquête, en janvier 2001, la plupart des grandes banques suisses et françaises avaient intégré l’Internet comme étant un des points majeurs à développer. Lorsque nous sommes revenus les interroger, onze mois plus tard, leur attitude avait évolué. Internet n’était plus important, il était devenu indispensable. La raison aurait pu être une certaine diminution des coûts (de transaction, de communication…) qui pour avoir été annoncée à corps et à cris n’en est pourtant pas moins vraie – bien que dans des proportions certainement plus raisonnables que les volumes astronomiques que nos amis de la netéconomie avaient bien voulu prédire. La raison aurait également pu être l’arrivée sur le marché de nouveaux acteurs plus agressifs au niveau technologique, à l’image de la fracassante alliance entre Merril Lynch et HSBC, promis au succès par les plus grands. Mais le véritable motif, bien qu’il soit souvent occulté, est probablement une demande des clients High Net Worth Individuals, cœur de cible de la Banque Privée. Souvent attachés à l’utilisation des outils les plus simples de l’Internet comme l’e-mail - voire des plus élaborés – comme les simulations désormais disponibles en ligne. L’offre devenait indispensable à développer à leur égard pour les gestionnaires de fortune. Comme dans l’ensemble des industries, plusieurs banques privées se sont prises au jeu des spin off tout Internet un peu rapides, avec fermeture à la clé (on se rappelle Y-O-U, la tentative ratée de Vontobel). D’autres sont restées prudentes, avec des sites parfois quelque peu basiques, d’autres encore ont été audacieuses. Mais toutes aujourd’hui ont intégré à leurs stratégies les résultats de leurs expérimentations. Quel sera l’avenir des banques privées face aux technologies ? En premier lieu, un renforcement de l’utilisation des outils de relation à distance entre le gestionnaire et son client. En second lieu, ce sera une intégration de la gestion de la relation client (CRM) sur les canaux traditionnels. Autant de sujets qui nécessiteront de nouvelles intégrations technologiques et la mise à niveau des éléments précédemment implémentées. Pour en savoir plus, vous pouvez vous procurer l’étude : « ePrivate Banking : Internet, nouveau facteur de différenciation dans la Banque Privée ».