Mesurer la satisfaction au travail ne doit pas être considéré comme la seule métrique pour identifier la motivation d'une personne. Il faut aussi prendre en compte l'autonomie, la maîtrise des compétences...

Le bien-être en entreprise pas uniquement lié à l'indice de satisfaction

Pour s'assurer du bien-être des salariés, une entreprise ne doit pas uniquement se focaliser sur la notion de satisfaction par rapport à son emploi. Elle doit prendre également en compte le niveau d'engagement, les objectifs et défis qui sont posés au collaborateur et l'intérêt qu'il porte à son travail. C'est l'une des conclusions apportées par la thèse de Karoline Kopperud de la BI Norwegian Business School de Norvège qui, par la collecte d'informations quantitatives et qualitatives auprès de groupes de travailleurs, cherche à comprendre les mécanismes du bien-être au travail pour pouvoir l'influencer. Un constat partagé par Cecil Dijoux, bloggueur sur l'entreprise 2.0. "C'est la notion d'accomplissement, constituée de l'autonomie d'une personne, de sa maîtrise des compétences et du but qu'elle poursuit dans son travail, qui est cruciale", confirme t-il à L'Atelier.

Le bien-être, gage de bonnes performances

C'est grâce à cela qu'un collaborateur pourra apporter plus à son entreprise. Selon la chercheuse, les compagnies doivent du coup contribuer à améliorer non pas seulement la satisfaction, mais le bien-être général de leurs collaborateurs. S'il est d'usage de considérer qu'un programme développé par les dirigeants peut influencer le bien-être, Karoline Kopperud affirme que ces résultats sont bien plus mitigés. Selon elle, il faut en effet développer les compétences de ces dirigeants à pouvoir mobiliser leurs équipes mais également la relation entre eux et leurs subordonnés. Comment ? Notamment par la mise en place de réseaux sociaux internes par exemple. "Ce sont des vecteurs d'engagement permettant à tous, dans l'entreprise, de participer, de prendre des initiatives, d'engager la conversation en entreprise", note ainsi Cécil Dijoux. Et d'ajouter : "En effet, ils contribuent à la fluidification de la diffusion d'information et de l'organisation même de l'entreprise".  

Une question de culture

Reste que la mise en place de ces outils dépend également de la culture du pays et de l'entreprise. Car en France, par exemple, le culte de la hiérarchie limite les initiatives menées par les salariés.Pour Cécil Dijoux, le constat est clair : "les outils ne sont rien seuls". Et pour assurer la réussite de politiques menées par l'entreprise, "il faut un contexte déjà favorable".Néanmoins, selon lui, la France se distingue déjà dans une autre culture d'entreprise grâce, selon Cécil Dijoux, au développement "des entreprises de logiciel libre, secteur où l'Hexagone est très actif". Ces entreprises ont une culture différente où la "considération d'un individu dépend de sa contribution au travail collectif". Une reconnaissance qui pourrait bien influencer le bien-être des travailleurs.

Rédigé par Renato Martinelli