Si Internet comprend en France près de 4 millions d'utilisateurs fin 1998, le développement de nouveaux services et les contributions des internautes français à ce nouveau média sont encore limités....

Si Internet comprend en France près de 4 millions d'utilisateurs fin 1998, le développement de nouveaux services et les contributions des internautes français à ce nouveau média sont encore limités. Au cours de la troisième rencontre annuelle de l'Internet Society à Autrans la semaine passée, Bernard Oudé, le président du chapitre français a souligné que la France reste marqué par son esprit de clocher "nous avons inventé les usages du Minitel, il faut que, de France, nous apportions de la valeur ajoutée sur Internet". Pour sa part, Cécile Alvergnat de l'Institut du commerce électronique souligne que l'on commence à peine à passer en France "de la vitrine aux sites marchands". Selon le syndicat de la vente par correspondance, 120 de ses 230 membres vendeurs à distance disposent d'un site Web et la moitié d'entre eux vendent en ligne (150 à 180 millions de F de chiffre d'affaires en 1998). En décembre, la plate-forme de commerce électronique d'Atos aurait comptabilisé 20 000 transactions d'une valeur moyenne de 300 à 400 F. Cécile Alvergant explique ainsi ce lent démarrage "le coût des télécoms est encore trop cher et il n'y a pas encore assez de start-up. Il y a trop d'attentisme de la part des entreprises et cela est souvent dû aux problèmes de droit d'auteur ou à des bases de données inadaptées pour le commerce électronique".

En 1998, on a recensé au niveau mondial 2,7 millions de serveurs Web et comptabilisé au 1er janvier 1999, 43 millions d'adresses électroniques, soit une progression de 50 % par rapport à janvier 1998 (29 millions). Responsable scientifique de la société américaine BellCore, Christian Huitema constate que "le volume du trafic double ou triple tous les six mois". Selon lui, 1998 a été marqué par une accélération de la concentration des acteurs. Condamnant sévèrement l'attitude des Etats-Unis et de la France, pays les plus réticents à libérer la cryptographie, Christian Huitema estime "l'administration américaine a réussi à contrôler l'exportation des technologies. En France, l'administration fait prévaloir ses thèses sur le Parlement en étant favorable au déploiement de contrôles qui, avec le mécanisme du tiers de confiance, pénalisent les entreprises françaises. C'est comme s'ils s'étaient dit : semelles à clous de tous les pays, unissez-vous !". (Les Echos - 11/01/1999)