Au Brésil, la croissance de l'e-commerce va bon train malgré une culture du crédit peu développée. Pour poursuivre cette dynamique, la logistique et la formation devront être renforcées.

Brésil : un acteur de l'e-commerce prometteur 

Le marché du commerce en ligne tire son épingle du jeu au Brésil. Il connaît en effet le taux  de croissance le plus élevé de l’Amérique Latine avec une augmentation de 40 % en 2010. Soit un marché qui pèse aujourd’hui près de 14 milliards de dollars*. Dans ce contexte, Everson Lopes, directeur de développement d’Ideiasnet (une entreprise brésilienne qui investit dans les sociétés de télécommunications et de marketing et les aide à renforcer leur position ndlr) a fait l’acquisition le 26 mai dernier, de la plate-forme d’e-commerce Ciashop. Pourquoi tant d'effervescence autour des affaires en ligne ? Everson Lopes explique que « pour les petites et moyennes entreprises brésiliennes, se lancer dans l’e-commerce est un gage d’innovation qui séduit les clients. Cela leur apporte un canal de communication supplémentaire et une performance d’exécution des ventes assez inédite ».

Une professionnalisation encore débutante

Selon lui, l’e-commerce a de l'intérêt parce qu'il se décline en deux phases complémentaires et jusqu’ici inédites sur un même canal de communication : la recherche et la comparaison de prix. L’autre raison à cette adoption croissante du commerce en ligne, c’est l’engouement pour le discount, dont le principal acteur au Brésil est le géant Groupon.
Mais à en croire Everson Lopes, la génération des professionnels de l’e-commerce se forme peu à peu. Pour l’instant, le marché manquerait encore de talents. « Pour beaucoup, cette plateforme est la première expérience en ligne. Les e-commerçants devront franchir pas à pas la complexité d’utilisation des outils. Cela prendra du temps mais les Brésiliens ont une bonne adoption du web pour y arriver » ajoute Everson Lopes. Selon lui, Groupon est une plate-forme de référence car les PME peuvent ainsi atteindre la clientèle sans pour autant devoir se lancer dans de gros investissements de communication.

Faire face à la  barrière du crédit

« Du côté des consommateurs, ajoute Everson Lopes, du fait que les transactions se fassent par carte bancaire, le crédit devient un nouveau challenge à dépasser. » En effet, payer à crédit représente une barrière, car les Brésiliens n’ont pas ce passé d’emprunteur, cette culture du crédit. Autre constat, pour que la croissance se poursuive, le développement du réseau à large bande est essentiel, en particulier dans les zones plus éloignées où des infrastructures manquent et doivent ainsi être développées. « Parler du réseau 3G est un peu prématuré : nous avons toujours 40 % de la population totale qui n’a pas accès au web » conclut Everson Lopes.

*Selon des chiffres de la plate-forme d’e-commerce e-bit et rapportés par Everson Lopes