L'US Patent Office, le bureau américain chargé de la gestion des brevets, vient de confirmer la validité du brevet déposé conjointement par Eolas et l'université de Californie en novembre 1998...

L'US Patent Office, le bureau américain chargé de la gestion des brevets, vient de confirmer la validité du brevet déposé conjointement par Eolas et l'université de Californie en novembre 1998, au grand dam de Microsoft. Ce brevet porte sur ce que l'on appelle les "plug-in", c'est-à-dire la possibilité d'inclure des contenus multimédias dans une page Web à l'aide de programmes tiers.
C'est un coup dur pour Microsoft, qui est engagé dans une procédure judiciaire avec Eolas depuis 1999 sur cette question. Le géant de Redmond est accusé d'avoir violé ce brevet en introduisant dans son navigateur Internet Explorer la gestion des plug-in sans avoir souscrit de licence auprès de son inventeur.
Les enjeux sont colossaux, et dépassent le cadre d'une simple discorde entre deux sociétés. De nombreuses pages intègrent des contenus multimédias, qui nécessitent des plug-in pour être lus, et tous les navigateurs les utilisent. Des applications telles qu'Acrobat Reader, Flash, Quicktime, Java Virtual Machine ou Real Player recourent à cette technologie.
En 2003, Microsoft est condamné pour violation de brevet à verser 521 millions de dollars à Eolas. L'éditeur de Windows fait immédiatement appel de cette décision. Il bénéficie du soutien du W3C, l'organisme de régulation du Web, qui craint qu'un verdict en faveur d'Eolas remette en cause les bases même du langage HTML et de ses dérivés.
Tim Berners Lee, considéré comme l'inventeur du Web, monte en personne au créneau : " Le W3C presse l'Office Américain des Brevets à engager un réexamen du brevet dit 906 afin d'éviter les dommages économiques et techniques dévastateurs pour le bon fonctionnement du Web ", écrit-il le 29 octobre 2003 à l'US Patent Office.
La firme de Redmond fait de surcroît valoir que la technologie des plug-in aurait été mise au point, un an avant le dépôt du brevet d'Eolas, par un ingénieur ayant travaillé sur un navigateur nommé Viola. L'US Patent Office finit par se ranger aux arguments conjoints de Microsoft et du W3C, et déclare en août 2004 le brevet invalide.
Eolas refuse de s'avouer vaincu et demande que le dossier soit examiné une nouvelle fois. Le bureau américain des brevets a confirmé jeudi dernier la première décision de justice donnant raison à Eolas. Microsoft entend bien ne pas en rester là.
(Atelier groupe BNP Paribas- 03/10/2005)