La Commission européenne semble avoir fait sienne le bon vieil adage "mieux vaut prévenir que guérir" dans ses houleuses relations avec Microsoft. Ce dernier, qui n'est toujours pas...

La Commission européenne semble avoir fait sienne le bon vieil adage "mieux vaut prévenir que guérir" dans ses houleuses relations avec Microsoft. Ce dernier, qui n'est toujours pas sorti des nombreuses accusations d'abus de position dominante dont fait l'objet son système d'exploitation Windows XP, s'est vu rappelé à l'ordre hier par Bruxelles au sujet de Windows Vista, dont la sortie vient d'être retardée à début 2007.
 
 "Nous sommes préoccupés par la possibilité que le prochain système d'exploitation Vista comprenne plusieurs éléments qui sont actuellement disponibles séparément chez Microsoft ou d'autres sociétés", aurait déclaré le porte-parole de la Commission Jonathan Todd, cité par Reuters.
 
Par ailleurs, le Wall Street Journal rapporte aujourd'hui que Neelie Kroes, la commissaire européenne à la Concurrence, aurait adressé la semaine dernière une lettre dans ce sens à Steve Ballmer, directeur général de Microsoft, indiquant que Bruxelles attend de Microsoft "qu'il conçoive Vista de manière conforme aux lois européennes sur la concurrence".
 
Microsoft, qui vient de faire appel d'une condamnation pour abus de position dominante en Corée, n'a toujours pas donné à satisfaction à la Commission européenne, en dépit de la sortie d'une version "allégée" de Windows XP, privée de son lecteur multimédia, de la publication d'une documentation technique destinée aux éditeurs concurrents qui souhaitent concevoir des produits compatibles avec Windows, ainsi que de la mise à disposition d'un support technique gratuit.
 
Les principales inquiétudes des concurrents de Microsoft concernent son lecteur multimédia (Windows Media Player), sa messagerie instantanée (MSN Messenger) et son navigateur Web (Internet Explorer, ou IE), dont la version 7 devrait accompagner la sortie de Windows Vista. Ces trois logiciels sont si bien imbriqués dans la version actuelle de Windows que leur désinstallation n'est pas évidente, voire impossible en ce qui concerne IE (désinstallation partielle seulement).
 
Les géants de l'Internet tels que Google ou Yahoo! craignent tout particulièrement que Vista et Internet Explorer 7 soient paramétrés par défaut pour renvoyer vers les services Web de Microsoft, ce qui pourrait porter préjudice à leurs audiences respectives. A ce sujet, un article publié dans le magazine BusinessWeek et daté du 9 mars dernier affirme que l'éditeur aurait choisi de se plier à l'avis des nombreux spécialistes qui lui conseillent de réduire l'intégration d'Internet Explorer à Windows afin de diminuer dans le même temps le nombre de failles de sécurité potentielles.
 
S'il est confirmé, ce revirement stratégique semble aller dans le sens de ce qu'exige Bruxelles, même si ses récriminations n'en sont peut-être pas la cause. Microsoft encourt toujours une amende de deux millions d'euros par jour pour ne pas s'être parfaitement plié aux exigences de la Commission et s'est vu forcé de régler de nombreux litiges à coups de millions de dollars.
 
Bruxelles semble décidé à maintenir une pression constante sur Microsoft, y compris au sujet de son futur système dont on ne sait guère pour le moment s'il posera des problèmes d'abus de position dominante...
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 29/03/2006)