Si le nombre de tweets publiés traduit l’étendue de Twitter - 500 millions par jour-, le succès de son titre en Bourse est plus modéré. Depuis le début de l’année 2014, l’action a presque perdu la moitié de sa valeur tandis que Facebook ou LinkedIn sont dans le vert.

Ca ne gazouille pas vraiment entre Twitter et Wall Street

Contrairement à son logo, le ciel boursier n’est pas très bleu pour Twitter. Un peu plus d’un an après son introduction à Wall Street, l’action du célèbre réseau social peine à séduire les investisseurs. En un an, le titre accuse une chute de 47% à 35,9 dollars (clôture du 31 décembre) quand le titre Facebook affiche un gain sur la même période de 43% et une action à 78 dollars (niveaux les plus hauts depuis son introduction en mai 2012) et LinkedIn, une hausse de 11% à 229,7 dollars. Valorisé plus de 10 milliards de dollars, pour un chiffre d’affaires de 169 millions de dollars au moment de l’introduction, Twitter avait pourtant de quoi être optimiste au moment de son IPO. D’autant plus que le groupe n’était pas rentable et ne promettait pas de l’être avant 2015. Mais à la clôture du premier jour de cotation, Twitter affichait déjà une décote. Depuis, l’action a connu des hauts pour flirter avec les 75 dollars avant de redescendre bien vite, les investisseurs s’interrogeant sur les perspectives d’avenir du site de micro-blogging.

Une audience insuffisante
 

Que reprochent les investisseurs à Twitter? Son audience pour commencer. Là encore, si l’on compare cette audience avec celle de Facebook (1,35 milliard d’utilisateurs actifs), Twitter fait pâle figure. Fin octobre, à l’occasion de ses résultats du troisième trimestre, Twitter annonçait  pourtant une augmentation de 23% du nombre de ses utilisateurs actifs, à 284 millions après une hausse tout de même de 24% au deuxième trimestre. Mais cette hausse n’est pas jugée suffisante. Car les investisseurs s’arrêtent davantage sur un autre indicateur clé: le degré d’engagement des utilisateurs; autrement dit le nombre de fois qu’un utilisateur interagit avec un tweet : retweet, réponse, favori, clic sur le lien,etc. Or, celui-ci a enregistre une baisse de 7%.  Certains investisseurs ont exprimé leurs craintes d'une baisse de l'activité de Twitter face à la popularité croissante d'autres réseaux sociaux et systèmes de messagerie sur internet. Enfin, le site a fait état d’une baisse de 7% du nombre de pages internet vues par utilisateur (636 au niveau mondial). Mais ce que craignent aussi certains investisseurs, soulignait récemment Reuters, c’est l’engouement pour d’autres réseaux sociaux et systèmes de messagerie sur Internet.



La montée en puissance d’Instagram

Sans parler de Facebook dont le succès continue de dépasser tous les réseaux sociaux et dont le positionnement diffère de celui de Twitter, Instagram figure parmi les autres réseaux sociaux qui ont la cote. En effet, le site de partage de photos racheté en avril 2012 pour 1 milliard de dollars par Facebook justement,  affiche une croissance de taille (50% en moins de neuf mois)  et ses 300 millions de membres ont même dépassé - de peu- Twitter. Quant au taux d’engagement, il est également à la faveur d’Instagram. De là à clamer que l’image prend le pas sur le texte…. En effet, Twitter enregistre une activité quotidienne bien plus élevée qu’Instagram avec 500 millions de tweets par jour versus 70 millions de photos et vidéos publiées sur Instagram. Ajoutons en outre que Twitter est un réseau social utilisé comme source d’informations. Aussi, de nombreuses personnes ne font que consulter Twitter sans y être inscrits. De la même façon, plus de 44% des 974 millions de comptes existants, n’ont jamais envoyé de tweets, indiquait en avril dernier Twopcharts, un site de statistiques de Twitter. Voués à des usages différents - publics pour Twitter, davantage privés pour Instragram -  ces deux réseaux ne se livrent pas de concurrence frontale. Contrairement à LinkedIN. Plus heureux en Bourse, le réseau professionnel compte pour sa part quelques 300 millions de membres, un chiffre d’affaires en hausse continue comme Twitter, et comme ce dernier, un résultat toujours dans le rouge. Sauf que LinkedIn, qui n’a pas de concurrent chinois,  a décidé de s’attaquer à la Chine; ce que peut difficilement faire Twitter dont l’équivalent Sina Weibo compliquerait la potentielle présence.

 

Rédigé par Virginie de Kerautem
Journaliste