Après les transports ou les wearable devices, Google utilise son expertise en analyse de données pour lutter contre le vieillissement.

Calico en quête de l’immortalité grâce au Big Data

Alors que l’industrie de la médecine dite regénérative est estimée à près de 1,6 milliards de dollars et que les produits anti-âge sont l’un des rares marchés de niche résistant aux cycles économiques, Google vise sur la recherche fondamentale à long terme pour produire des résultats à l’impact réel. Après son service Flu Trends permettant de prédire les épidémies de grippe grâce à la synthèse de données de géolocalisation et des recherches triées par mots clés, Google poursuit sa constitution d’un écosystème de services visant à utiliser ses données pour assurer une meilleure santé publique et aider la recherche médicale. Avec son nouveau projet, le California Life Company ou Calico l’entreprise souhaite rallonger la durée de vie moyenne de 20 à 100 ans ! Du fait de la position de leader de Google, cette décision devrait encourager d’autres acteurs de l’Internet à s’intéresser à l’industrie du prolongement vital.   

Valoriser les données disponibles

L’expertise de Google ici réside dans sa capacité à récolter et traiter avec pertinence des quantités importantes et variées de données récoltée grâce à son cœur de métier (moteur de recherches) et différentes activités et services annexes développés au fil des années. Selon Harry Glorikian fondateur du cabinet de conseil Scientia Advisors spécialisé dans les sciences de la vie, cette expertise concerne « Des data sets extrêmement variés : géolocalisation, recherche et toute autre forme de service connnecté permettant d’obtenir une image quasi complète de l’utilisateur. »  Ces données pourraient être associées au génome entièrement cartographié de l’utilisateur notamment grâce au service 23andme, un autre service de recherche financé par Google. L’objectif de ce programme est de s’attaquer directement aux racines des maladies chroniques, le vieillissement et plus globalement la non regénérécence des cellules. Google mise sur le temps long et bénéficie de la disponibiltié immédiate et croissante de ces données déterminantes, quand de nombreux laboratoires pharmaceutiques comme GSK investissent des millions de dollars par an dans de la recherche appliquée avant d’abandonner face à la pression des investisseurs.

L’enjeu de la protection des données à élucider

Calico pourrait par exemple s’inspirant du Human Genome Project, comparer le génome de personnes agées en bonne santé à celles d’un âge similaire mais aux conditions de santé détérioriées. Selon Daniel Kraft chaire de médecine et neuroscience à la Singularity University qui a collaboré à de nombreuses reprises avec Google dans ses projets de recherche médicale, ces nouveaux services gourmands en données privées placeront bientôt les utilisateurs face à un choix faustien: Offrir plus de données pour assurer une recherche plus efficace qui devrait bénéficer à tous, la protection de la confidentialité et des données deviendrait alors un enjeu de santé publique. D’autres projets issus notamment de l’industrie de l’automesure se développent déjà sur ce segment, ainsi Vital Connect a développé des capteurs biométriques connectés visant à rendre la récolte de données humaines plus accessible. Calico devrait également bénéficier du déploiement récent d’Obama Care, étendant considérablement le nombre d’américains soumis à des tests réguliers et rattachés à un système d’assurance.

 

Rédigé par Thomas Meyer
Fonction - Journaliste, Business Analyste