Placemeter permet de quantifier le trafic d’une ville, des piétons aux taux de rebonds en magasins, grâce à la gestion d’une flotte de caméras embarquées mais aussi aux smartphones personnels.

Les caméras de surveillance et d’Iphone aident à l’analyse des flux urbains

La mission de Placemeter, startup issue de l’incubateur TechStars est de redonner aux habitants, aux magasins et au pouvoir public, le contrôle sur leur environnement. Or, c’est en connaissant en direct la densité d’une zone urbaine que les magasins, par exemple, pourraient optimiser leur branding en même temps que leur gestion de flux.

Pour cela, elle propose de quantifier les piétons qui circulent dans des quartiers marchands grâce à une petite technologie couplée aux flux vidéos des caméras de surveillance. Le principal avantage est l’aspect peu intrusif de la technologie puisqu’elle repose sur du flux vidéo enregistré par des caméras publiques, déjà présente dans les villes. En plus du nombre de piétons sur un trottoir, la densité du trafic (c’est-à-dire la vitesse et le nombre de voitures) peuvent aussi être captés en direct. Placemeter travaille finalement sur un véritable internet de l’environnement urbain. Elle compte une centaine de flux vidéos situés dans New York et peut génèrer des prédictions à une semaine.

La startup newyorkaise tient même à impliquer une partie des possesseurs de smartphone dans le processus. En effet, une inscription sur leur site internet en tant que "veilleur" permet à tout un chacun de monétiser le temps d’enregistrement d’une place publique avec un smartphone doté d’une caméra haut-de-gamme. La startup fournit une application de streaming vidéo et fait des virements par Paypal aux "veilleurs" les mieux situés. Placemeter annonce très clairement qu’il y a une rémunération à la clé pour les flux vidéos les plus précieux ; c’est-à-dire ceux donnant sur des lieux denses en activités.

Placemeter se pense aussi comme une agence publicitaire augmentée qui, une fois les bandes vidéos fournies, vend des analyses quantitatives des flux. En effet, la petite équipe de 10 personnes , des ingénieurs français de formation, ont imaginé un algorithme pouvant comptabiliser finement le nombre de chalands dans une centre commercial, ou encore le taux de rebonds d’une clientèle d’un magasin donné.

La question de la vie privée est majeure pour la startup qui tente d’échapper à une catégorisation trop rapide. Ainsi, dans sa communication officielle, elle fait force d’effort pour garantir le respect de l’anonymat lors de l’analyse d’image. L’information n’est pas partagée ni les bandes vidéos enregistrées pour les besoins de l’algorithmie elle-même.

Rédigé par Simon Guigue