Le camion autonome sera bientôt une réalité. Embark, une nouvelle start-up, fait tout pour en être et concurrencer Otto.

Le camion, en route pour l'autonomie

L’an dernier, la jeune pousse Otto, fondée par quinze anciens de Google, s’était donnée pour mission de transformer les poids-lourds en véhicule autonome. La start-up, considérée comme très prometteuse, a été rachetée par Uber en août dernier. Elle connaît aujourd’hui quelques difficultés sur le plan juridique et est aussi confrontée à une vive concurrence qui ne vient plus uniquement des constructeurs automobiles mais également d’autres jeunes pousses.

Embark en fait partie. Cette start-up de San Mateo (Californie) a récemment annoncé sa volonté de se lancer sur le marché. Son ambition ? Créer des poids-lourds complètement autonomes sur les autoroutes et les longues routes rectilignes, laissant les conducteurs reprendre la main sur leur véhicule à l’entrée des villes. Radars, caméras, lidars et autres capteurs, la technologie en construction semble similaire à celle utilisée dans le secteur. Les données sont ensuite analysées via une forme d’intelligence artificielle nommée Deep Neural Nets (DNN) qui permet au camion d’apprendre de sa propre expérience. Le véhicule équipé de cet outil serait désormais capable de s’adapter au brouillard ou à l’obscurité.

 

Certains s’inquiètent des conséquences sur l’emploi des routiers. Et pour cause puisqu’ils sont 3,5 millions à être directement concernés aux Etats-Unis, représentant ainsi l’emploi le plus répandu dans plusieurs Etats. Mais le jeune CEO d’Embark, du haut de ses 21 ans, se veut rassurant. Alex Rodrigues a l’intention de quadrupler le nombre d’ingénieurs dans l’équipe sans pour autant en révéler le nombre actuel, parmi lesquels figurent des anciens de SpaceX, StanfordAI et de l’équipe véhicule autonome d’Audi. L’entrepreneur souhaite aussi combler le manque de chauffeurs de poids-lourds qu’il estime à 100 000. Pour atteindre ses objectifs, la jeune pousse effectue des tests sur les routes du Nevada et peut compter sur le soutien du fonds d’investissement Maven Ventures.

D’autres jeunes pousses tentent également leur chance, comme Starsky, basée à San Francisco. Cette dernière envisage d’utiliser des robots-télécommandés comme conducteurs sur les routes locales. Reste à savoir si les législateurs approuveront ces nouveaux usages. La question se pose en particulier à l’heure où ceux du Massachusetts envisagent de taxer les véhicules autonomes, de peur de se retrouver face à trop de “voitures-zombies”.

Rédigé par Sophia Qadiri
Journaliste