Le ministère délégué à l’Industrie vient de publier une étude du Service des études et des statistiques industrielles (Sessi), intitulée « le capital-risque : un tuteur pour les jeunes pousses » ...

Le ministère délégué à l’Industrie vient de publier une étude du Service des études et des statistiques industrielles (Sessi), intitulée « le capital-risque : un tuteur pour les jeunes pousses ». Le capital risque finance des jeunes entreprises à fort potentiel de croissance, appelées jeunes pousses ou start-up. Elles sont concentrées dans les secteurs des télécommunications, de l’informatique, de l’électronique et des biotechnologies. Les capital-risqueurs possèdent non seulement des compétences financières mais aussi une expérience professionnelle dans les domaines d’activité où ils investissent. Cette activité a décollé en Europe à la fin des années 90. Les montants investis en Europe en 2001 s’élèvent à 12 milliards d’euros. Ils sont quatre fois plus faibles qu’outre Atlantique. Les investissements en capital-risque par rapport au produit intérieur brut sont les plus importants en Suède. Viennent ensuite, les Pays-Bas et le Royaume-Uni. L’Allemagne est dans la moyenne. Le capital-risque en France, avec 1,3 milliard d’euros investis en 2001, ne couvre qu’une faible part des besoins des entreprises. Les financements des entreprises sont beaucoup plus importants. En 2001, elles ont émis 87 milliards d’euros d’actions et l’encours des crédits à long terme atteint 19 milliards d’euros. Les sociétés financées par le capital-risque en Fance sont près de 1 300 en 2001, dont un peu moins de la moitié en phase d’amorçage et de démarrage. 10 % seulement des jeurnes pousses financées par le capital-risque au cours des dix dernières années rapportent plus de cinq fois la mise initiale. Ces succès compensent les nombreuses pertes (44 % des sociétés financées) dans les portefeuilles de capital-risque. Près d’un tiers des sociétés financées rapportent au moins deux fois la mise initiale. Ces jeunes pousses sont essentiellement concentrées dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication et les biotechnologies. En 2001, les capital-risqueurs ont réduit leurs participations dans les secteurs des télécommunications, de l’informatique et de l’électronique. Ils réalisent 61 % de leurs investissements dans ces trois secteurs, contre 87 % en 2000. Les biotechnologies (19 %), la chimie et les nouveaux matériaux (10 %) ainsi que l’énergie (9 %) sont désormais privilégiés. Fin 2001, 90 gestionnaires de fonds de capital-risque existaient en France. Les capital-risqueurs lèvent des fonds auprès d’investisseurs. En France, pour le capital investissement, il s’agit essentiellement d’investisseurs traditionnels : en 2001, 40 % des fonds levés proviennent des banques, 11 % des compagnies d’assurance, 7 % des fonds de pension, 6 % des caisses de retraites. Près de 70 % des fonds sont levés en France, 5 % en Europe et 15 % hors de l’Europe. Les capital-risqueurs investissent 70 % des fonds levés dans des entreprises indépendantes, non filiales de groupes. Les grands groupes sont surtout des pourvoyeurs de fonds : 11 % des fonds levés pour le capital investissement en 2000, 5 % en 2001, ou directement capital-risqueurs. Le capital-risqueur sort souvent du capital de la jeune pousse, dès que celle-ci atteint un certain stade de développement, en revendant sa participation à une grande entreprise. Cette sortie, qualifiée d’industrielle, est majoritaire (54 %). Le capital-risqueur peut aussi faire entrer la jeune pousse sur le Nouveau Marché en France (17 %) ou la céder à d’autres capital-risqueurs (10 %). Du fait de l’éclatement de la bulle financière, l’activité du marché capital-risque en 2001 est inférieure de 25 % à celle de 1999. Les pertes sèches ont doublé entre 1999 et 2001. Le montant des entrées en bourse des jeunes pousses sur le Nouveau Marché a été divisé par cinq. Certaines sociétés rencontrent désormais des difficultés à trouver les capitaux nécessaires à leur création, même si elles présentent de bons projets. Les pouvoirs publics cherchent à soutenir l’activité du capital-risque sans l’administrer, ni se substituer à l’initiative privée. Le Fonds public pour le capital-risque (FPCB) a ainsi investi 90 millions d’euros dans des fonds de capital-risque français. Le Fonds de promotion pour le capital-risque a relayé le FPCB en 2000. Il est doté de 150 millions d’euros à part égale entre l’Etat, le Fonds européen d’investissement et la Caisse des Dépôts. Ses interventions s’orientent essentiellement sur les biotechnologies, l’électronique, l’environnement. La Caisse des Dépôts participe, fin 2001, à un plan de consolidation du capital-risque via la gestion d’un fonds de co-investissement dédié aux PME innovantes, notamment des biotechnologies. De plus, l’Anvar soutient financièrement les projets innovants des PME, essentiellement sous forme d’avances remboursables. Près de 350 entreprises aidées par l’Agence en 1998 et 1999 ont levé 610 millions d’euros environ auprès de capital-risqueurs. Depuis début 2001, l’Anvar apporte des fonds propres sous forme de bons de souscription d’actions. Fin 2001, une vingtaine d’entreprises étaient concernées pour un montant de 9,5 millions d’euros. (Christine Weissrock – Atelier Groupe BNP Paribas - 03/10/2002)