Présente à l’édition 2015 de Dreamforce, l’entreprise Carvoyant propose un système permettant d’extraire et traiter les données de n’importe quel véhicule.

Carvoyant, l’entreprise qui « donne une voix » à l’automobile

Lorsque, quelques années plus tôt, l’épouse de Bret Tobey, fondateur et CEO de Carvoyant, lui signala que le voyant d’anomalie du moteur (« check engine light ») de son véhicule était en permanence allumé, celui-ci se rendit compte qu’il n’existait aucune solution simple et rapide à ce problème. Il fallait d’abord se rendre chez un spécialiste pour détecter d’où venait l’avarie mécanique, puis lui confier le véhicule le temps qu’il puisse le réparer. A l’ère de l’internet et des objets connectés, nul moyen de communiquer facilement avec son véhicule pour repérer, voire prévenir les pannes mécaniques éventuelles. Quelques années de travail, beaucoup d’huile de coude et quelques bidouillages plus tard, Bret et son équipe lançaient leur entreprise, avec pour solution un petit appareil qui s’intègre sur n’importe quel véhicule, et permet de recueillir et traiter l’ensemble des données de ce dernier : informations techniques, mais aussi manière de conduire, trajets effectués, vitesse du véhicule...  « Nous souhaitions que chacun puisse donner une voix à sa voiture. » affirme-t-il, « Partir d’un problème complexe et offrir une solution extrêmement simple. » Cet engin permet de détecter en un clin d’oeil la cause d’un problème technique, mais aussi de prévenir ces derniers : on peut ainsi savoir quand la batterie risque de lâcher.

Des données exploitables par les entreprises

Mais Carvoyant est aussi et avant tout une plateforme qui met en relation développeurs et consommateurs. Sur son site, l’entreprise propose en effet aux entrepreneurs en herbe de faire usage de leurs données. Les possibilités sont presque infinies : « Une compagnie d’assurance peut installer notre appareil sur les véhicules de ses contractants pour analyser leur manière de conduire, les zones qu’ils fréquentent et la fréquence à laquelle ils utilisent leur véhicule, et facturer plus ou moins cher en fonction de ses données. Une entreprise de livraison peut faire de même pour analyser les trajets effectués par ses chauffeurs, repérer les lieux où la circulation est en permanence ralentie et adapter ses trajets pour offrir un système de livraison plus rapide et efficace. » développe Bret Tobey. Il dénombre trois grands usages pour lesquels son innovation est généralement employée par les entreprises partenaires : « Optimiser son affaire, construire une meilleure relation avec ses chauffeurs et réduire les dépenses. »

Un outil au service du véhicule autonome

Les applications sont également nombreuses dans le domaine de la voiture connectée. Carvoyant s’est d’ailleurs associé au projet Tampa Bay, en Floride (où l’entreprise s’est lancée), qui consiste notamment en une autoroute dédiée spécialement aux tests effectués sur véhicules autonomes. La possibilité de communiquer directement avec le véhicule est en effet l’une des composantes clefs dans la conception de voitures sans chauffeurs. Si Bret Tobey est convaincu de l'intérêt que représentent les véhicules autonomes, il ne croit toutefois pas en leur adoption massive à court terme, et pense, au même titre que Ryan Chin, récemment interviewé par L’Atelier, que la transition doit d’abord se faire par la mise en place d’une flotte de taxis autonomes dans quelques lieux bien déterminés. Durant l’édition 2015 de l’évènement Dreamforce, où Bret Tobey présentait son entreprise, Peter Schwartz, de Salesforce, a également évoqué l’avènement des voitures autonomes, avançant lui aussi que celui-ci devrait se faire par étapes progressives. Il pense notamment qu’il faudra sans doute à l’avenir payer des frais pour conduire une voiture, lorsque la plus grande sûreté des voitures autonomes sera avérée. Dressant un parallèle avec le cheval, passé de moyen de transport privilégié à activité de loisir, Peter Schwartz a terminé en déclarant que  la conduite était selon lui vouée à long terme au même destin.

 

 

 
Rédigé par Guillaume Renouard