Pour faciliter l'innovation, il faut décloisonner les savoirs et favoriser la collaboration entre parties marketing, technique et design, en amont du projet. C'est le principe du design thinking.

"Ce n'est pas la technologie qui importe,  mais ce qu'on en fait"

Entretien avec Grégoire Gérard, fondateur et dirigeant de Neovenz, agence de conseil en design industriel et innovation.

L'Atelier : Dans quelle mesure le design thinking est-il une source d’innovation pour les entreprises ?

Grégoire Gérard : Les équipes dans différents domaines : design, ingénierie, marketing, ont souvent beaucoup de problèmes à communiquer lors de la mise en place d’un projet qui se veut innovant. C'est à cela que veut remédier le principe de design thinking. Celui-ci peut-être défini comme un accélérateur d’idées car il conduit à décloisonner le savoir et à créer une dynamique transversale d’innovation. Notre objectif en tant que designer est de leur donner une vision concrète ; de leur apporter des schémas clairs du déroulement d’un processus ou de développement d’un produit ou encore d’un service innovant, sur lequel ils ne connaissent pas encore le point de vue du consommateur. En effet la technologie n’est pas le plus important c’est surtout ce que l’on en fait qui importe.

Quels sont les enjeux de ces formes de collaborations pour la mise au point de services innovants pour les entreprises ?

Le problème en France c’est que nous parlons souvent de technique et rarement d’usage. Les ingénieurs en entreprise vont créer de nouveaux produits sans pour autant tenir compte de l’état du marché et de la façon dont l’entreprise pourra créer la tendance et dont le consommateur pourra concrètement s’en servir. L’entreprise prend donc souvent le risque de voir son produit, même très innovant, mis de côté. Le design thinking permet de faire diminuer ce risque, de forger un esprit commun et innovant à l’ensemble des collaborateurs d’une équipe de recherche et d’innovation par exemple. L’équipe prend part à une expérience qui allie à la fois technologie, technicité, utilité et maîtrise des coûts.

Allier design thinking et open innovation semble donc une stratégie gagnante …

L’objectif des entreprises ne doit pas être de rester focalisé sur son marché. Elle doit saisir les tendances, analyser ses concurrents. Pour cela il faut faire évoluer notre culture et donner la chance au design d’être un moteur de croissance et pas uniquement un coût pour l’entreprise. C’est pour cette raison que nous voulons confronter les savoirs, les faire interagir. C’est l’unique manière de trouver des solutions nouvelles adaptées à ce que recherchent les consommateurs.  La communication et l’échange de savoirs entre les différents départements : techniques et commerciaux, design et marketing mais également financiers, est une condition essentielle à l’innovation.