Logiciels de contrôle sophistiqués, blocage des sites de santé et des réseaux sociaux... Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, la surveillance sur Internet devient de plus en plus élaborée et sort du seul domaine politique.

La surveillance et le filtrage de l’information sur Internet continuent de progresser en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, rapporte OpenNet* dans une étude menée dans la région. Cette actualisation de recherches menées en 2006-2007 permet de mesurer la progression de la censure, qui apparaît de plus en plus profonde et étendue. Et surtout, de plus en plus élaborée : pas moins de quatorze des dix-huit pays analysés filtrent ainsi Internet au moyen d’outils technologiques sophistiqués. L’étude pointe en effet l’utilisation de plus en plus fréquente de logiciels de contrôle lancés sur Internet.
Les techniques de censure aussi se modernisent
Autre fait à noter : une partie de ces logiciels a été développée par des sociétés américaines,etparfoisdétournées de leur utilisation première à leur insu. C’est ainsi que la société Websence a appris qu’un de ses systèmes était utilisé par la Syrie. Depuis, l’entreprise a bloqué les mises à jour à destination de ce pays. OpenNet souligne ainsi que ces méthodes de contrôle viennent de plus en plus s'ajouter à celles dites "traditionnelles" : comme l’intimidation, l’autocensure ou encore la surveillance ciblée. Les cibles de la censure ont également évolué avec les techniques.
Après la censure politique, le filtrage social
Si la censure à caractère politique reste le dénominateur commun dans la région, elle porte aussi sur des cibles plus diverses. Le Qatar bloque ainsi tout accès aux sites d’information sur la santé et la Syrie empêche l’accès aux réseaux sociaux apolitiques comme Facebook. Les Emirats Arabes Unis, quant à eux, continuent de bloquer bon nombre de sites en rapport avec l’holocauste ainsi que tous les sites hébergés en Israël. De manière générale, l’étude rappelle que les réseaux sociaux sont concernés de manière croissante par la censure.
*L'initiative est menée en partenariat par des groupes issus des universités de Toronto, Harvard, Cambridge et Oxford.