La montre connectée s'insère dans un nouveau marché, celui de la sécurité informatique. Grâce aux données biométriques de l'utilisateur, Ionosys serait à même de réduire au strict minimum les risques d'usurpation d'identité.

[CES Unveiled Paris] Porter sa clé de sécurité, à son poignet
La multiplication des risques sécuritaires qui a émergé d'autant plus avec le développement de l'informatisation des données reste une prérogative majeure des entreprises. Si les procédés se sont devenus de plus en plus nombreux, et il est vrai de plus en plus handicapants, que ce soient les mots de passe aléatoires impossibles à retenir ou les logiciels de détection des intrusions, les rapports sont nombreux à relever le constat d'une insécurité informatique encore trop présente. Ionosys, avec sa montre connectée, semble avoir trouver une solution aussi simple qu'efficace. Il ne s'agit pas d'un scanner rétinien installé sur tous les appareils électroniques, ni d'une reconnaissance par empreinte digitale, mais d'un système moins encombrant comme plus fiable, une montre ou un bracelet porté à son poignet enregistrant les données biométriques de l'utilisateur et les transmettant aux appareils électroniques.

Futuriste mais logique

L'équipe d'Ionosys est partie d'un constat simple : aussi complexe et difficile soit-il à outrepasser, un support de sécurité n'a d'utilité qu'à l'aune du comportement humain. Tant que le support n'est qu'un objet inactif, il peut être échangé, oublié, perdu, sans rendre compte forcément d'une volonté de nuire de la part de l'utilisateur. Depuis le tampon apposé lors d'un concert au badge de sécurité épinglé sur notre poitrine, l'utilisation de signes physiques, individuels, est déjà présente comme un efficace outil de vérifiaction. L'approche suivie par Ionosys apparaît ainsi s'intégrer dans cette logique : à l'heure des technologies à porter sur soi, du développement du paiement mobile et du pass de transport en commun, pourquoi ne pas intégrer ces facteurs dans le processus de sécurisation des données. C'est le travail qui a été effectué par la startup française, combinant l'approche machine-à-machine, l'automatisation des communications entre appareils, avec la possibilité offerte par la technologie NFC, qui permet un échange sécurisé sans fil d'information. Ainsi, par le biais d'un capteur intégré à notre tablette ou ordinateur, notre montre devenue mot de passe permet de vérifier l'identité de l'utilisateur grâce à des données biométriques, le rythme cardiaque par exemple mais qui restent encore à préciser, et de déverrouiller ses contenus personnels.

Un outil de sécurité plutôt qu'une montre connectée

Malgré des similitudes existantes, de par le simple fait d'abord que ce produit soit une montre, l'innovation de Ionosys ne se veut pas concurrente des montres connectées mais bien intégrée à un autre marché. Anthony Le Pichon, Co-Fondateur et Directeur Marketing, explique ainsi l'approche suivie, "Nous ne voulons pas nous placer sur la marché de la Smartwatch, mais sur le marché des objets intelligents de sécurité numérique". A l'image de ce qui se fait déjà pour les clés USB dont certaines permettent de sécuriser les transmissions de données lorsqu'elles sont branchées à un appareil, la montre de Ionosys tend à pousser plus loin ce processus en le couplant à une reconnaissance sûre et efficace de l'identité de l'utilisateur. Devant les craintes soulevées par l'enthousiasme en demi-teinte qui a suivi l'apparition des technologies Smartwatch, l'intitiative de Ionosys pourrait, malgré son positionnement initial, en permettant une réduction drastique des budgets alloués aux services de sécurité informatique, être un facteur déterminant dans la pénétration de ce qui ne pourrait ne plus être seulement un gadget sur le marché du grand public, à l'image du processus effectué par les smartphones grâce aux applications d'aide à la vie quotidienne. Le but affiché a beau rester bien d'abord celui de la sécurité informatique, de créer, comme le souligne Anthony Le Pichon, "Une rupture dans les usages grâce à une montre [...] susciter l'intérêt autour de la sécurité individuelle.", il serait étonnant de ne pas observer, dans cette approche par l'intelligence des objets, une tendance et un appui durable pour le marché des montres connectées.
Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste