La recherche sur le contrôle gestuel des appareils ne cesse d’avancer. Des universitaires de Zurich pensent avoir fait progresser la technologie grâce à un nouvel algorithme, et des gestes uniques.

Changer les mouvements pour améliorer la reconnaissance gestuelle

L’équipe du professeur Otmar Hilliges de l’ETH Zurich planche sur un système de reconnaissance gestuelle destiné aux téléphones mobiles grâce à un nouvel algorithme. Conçu par un étudiant, Jie Song, l'outil serait plus performant que les techniques précédemment développées, selon les chercheurs.  

Ils ont crée une application qui fonctionne par reconnaissance des formes grâce à la caméra du smartphone. Pas encore disponible sur les stores, l'application utilise un algorithme qui écarte un grand nombre de données comme la couleur, la profondeur, etc, pour mieux se concentrer sur la forme de la main. L’utilisateur doit donc effectuer une série de mouvements précis pour faire réagir le téléphone. Pour le moment, le programme ne reconnaît que six gestes. Les opportunités sont donc très limitées.

La nouveauté de leur système tient en réalité dans la nature des gestes. Au premier abord on pourrait les trouver étranges : mimer un pistolet pour prendre une capture d’écran semble loin d’être naturel. En fait, la raison en est simple : il ne faut pas interférer avec des gestes du quotidien. L’application ne peut ainsi pas se tromper et agrandir une image alors que l’utilisateur vérifiait ses ongles par exemple.

Ce que l’équipe du département de sciences informatiques présente comme un atout n’est cependant pas sans poser question. Les utilisateurs de smartphone sont-ils prêts à apprendre et effectuer des gestes proches d’une langue des signes pour contrôler leur appareil ? “Les gens sont habitués à contrôler leurs jeux vidéos avec les mouvements” répond le professeur Otmar Hilliges confiant.  Mais jouer devant un grand écran et gesticuler devant un son téléphone pour des actions basiques sont-ils à mettre sur le même plan ?

 

Plusieurs technologies tentent d’investir ce domaine du contrôle gestuel. Les bagues connectées font leur chemin petit à petit et récemment l’université de Washington voulait utiliser les signaux 3G des smartphones. Des dizaines de technologies pour un même but alors même que les utilisateurs ne semblent pas encore prêts : le Leap Motion n’avait ainsi pas réussi à trouver son public il y a un an. La reconnaissance gestuelle reste donc un marché naissant dans lequel les innovations se bousculent et dans lequel les questions s’accumulent.

Rédigé par Guillaume Scifo