Si le Cloud se normalise, la moitié des entreprises européennes y sont encore réticentes, principalement du fait des enjeux de sécurité qui ne sont, selon elles, pas encore convenablement traités.

Le Cloud encore freiné en Europe par sa vulnérabilité en matière de confidentialité
57% de services de DSI des entreprises européennes déclarent utiliser le Cloud, soit au cas par cas selon les projets, soit sur une politique plus généralisée au niveau de l'entreprise. Celles-ci estiment par ailleurs que cela représente un accroissement lié de la compétitivité de l'entreprise, en termes de productivité comme de collaboration, pour un coût bien moindre par rapport aux produits pouvant donner des gains similaires. Mais ce qui ressort de ces chiffres, c'est avant tout que 43%, un peu moins de la moitié des DSI, sont encore réticentes à l'utilisation du Cloud, dont 23% qui évitent au maximum d'y recourir et encore 3% qui bloquent ce service dans l'intégralité des possibilités d'utilisation. C'est ce que l'étude menée par CA Technologies nous rapporte de ses analyses auprès des entreprises européennes, tout en allant plus avant dans l'explication des facteurs de refus du Cloud.
 

Une capacité de sécurisation encore mal perçue

La perspective de mettre en ligne, même à partir d'un accès sécurisé, des informations à hauts risques, que ce soit pour l'entreprise ou pour l'individu est encore un frein majeur à la pénétration du Cloud au sein des entreprises européennes. Aux alentours de 50% des entreprises réticentes mettent ainsi en avant les risques de sécurité liées à la propriété intellectuelle et aux brevet, ou des enjeux liés à la sécurité des informations personnelles, tout comme pour 39% d'entre eux la crainte de fuite si l'on décide d'y stocker des données hautement confidentielles. Il ne s'agit cependant pas d'un refus en bloc de l'approche Cloud, et près de 80% de ces mêmes entreprises déclarent un manque de ressources suffisantes en termes de sécurité, tout comme 65% d'entre elles avancent un manque de compétences adaptées. Il s'agit donc plus ici d'un manque d'outil permettant d'encadrer le Cloud que d'une réticence envers l'outil.
 

Utilisateurs ou non, la sécurité est l'enjeu primordial

Si les entreprises réticentes expliquent leur attitude par la problématique de protection des données en jeu, les entreprises qui ont normalisé le recours au Cloud montrent le même intérêt. Ainsi l'écrasante majorité des entreprises favorables ont développé un système de sécurité dédié grâce à une gestion spécifique des identités et accès en amont de la mise en service. C'est selon les arguments avancés par l'étude, plus un problème de système de sécurité permettant une optimisation de la confidentialité. Ainsi près de 70% des entreprises favorables ont mis en place un système SaaS qui permet entre autres une amélioration de l'efficience du système de SSO, la gouvernance fédérée des identités et des accès. Ce qui émerge de ces données c'est bien que si le Cloud a pris une formidable visibilité dans la sphère individuelle, le passage à la systématisation du Cloud par les entreprises ne pourra se faire qu'à travers une amélioration sinon des systèmes de sécurité du moins de la compréhension et de la transparence des différentes options proposées pour la protection des données stockées.
Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste