Le laboratoire a été créé dans le but d'adapter les outils multimédia au domaine de l'éducation. Pour ce faire, il est soutenu dans son projet par des entreprises et d'autres organisations de recherche.

Le CNED passe par un living lab pour concilier technologies et éducation

Interview avec Quentin Rouillard, responsable de l'incubateur "direction innovation" du CNED, dans le cadre du  Campus européen d'été 2011 de la Cité des Savoirs, qui se tient à Poitiers

L'Atelier : Quels ont été les enjeux qui ont présidé à la fondation de ce living labs?

Quentin Rouillard :Cette initiative est partie d'un constat assez simple. Nous nous sommes rendu compte que, dans le domaine de l'éducation, les enseignements donnés aux élèves étaient très peu en phase avec les innovations récentes. Les méthodes sont restées les mêmes, alors que l'environnement a évolué de manière conséquente (arrivée des tablettes notamment).  Pour remédier à cela, nous avons eu l'idée de mettre en place une nouvelle structure, qui soit concentrée sur la recherche éducative et l'application des nouvelles technologies dans ce cadre-là. Plus simplement, nous menons des études sur le sujet de l'apprentissage enrichi. Le plus étonnant, c'est que nous sommes la première structure de ce type: parmi les 250 living labs existant, pas un seul ne traite de l'éducation à part nous.

Que vous apporte le fait de mener cette opération dans un organisme nouveau, qui ne soit pas une simple branche de recherche du CNED ?

Il faut savoir que le CNED, comme bon nombre de structures de recherche, souffre d'une inertie importante, et reste assez autocentré. Au contraire, nous visons à échanger avec des acteurs impliqués dans des domaines très variés, sur le principe de la transdisciplinarité.  Nous travaillons ainsi de pair avec des universités, des entreprises, ou d'autres living labs. Avec eux, nous cherchons avant tout à concevoir des innovations qui soient mises au point par et pour le consommateur. Cette volonté transparaît d'ailleurs à travers nos trois axes d'études, qui  sont l'observation, l'exploration, et l'expérimentation.

Comment cette recherche se met-elle en place, et quels bénéfices peut-en tirer une entreprise ?

Les projets que nous développons peuvent être le fruit d'une réflexion commune, ou issus de la volonté d'un seul des acteurs. Dès lors que le projet a vocation à prendre forme, la recherche doit comporter deux parties, à savoir une partie recherche pure, ou "think tank", et une partie développement, ou "do tank".  Il est important de noter que nous souhaitons aller au-delà des simples prototypes, pour que les innovations que nous imaginons puissent vraiment être mises en place à terme. Du point de vue des entreprises, cette approche est extrêmement intéressante dans le sens où cela leur permet de disposer d'innovations technologiques tout n'ayant pas à développer de laboratoire au sein de l'entreprise elle-même. Cette mise en commun des compétences doit à notre sens piloter la recherche de demain.

Rédigé par Johnatan Farouz