L’entreprise Coca-Cola a annoncé sa volonté de doter les distributeurs de canettes de Coca d’une borne Wifi en Afrique du Sud. Projet mené en partenariat avec BT, ces bornes pourraient être la solution pour amener l’Internet dans les zones les plus reculées.

Coca-Cola apporte le Wifi en Afrique par le biais de ses distributeurs

Maitriser les données et a fortiori l’information circulant dans le monde est une des plus grandes préoccupations des organisations mondiales et des géants de la technologie, au vu des possibilités stratégiques et économiques que cela offre. Pour les géants du numérique, la stratégie consiste d’abord à racheter à tour de bras des entreprises capables de leur apporter la technologie nécessaire pour maitriser l’Internet (comme le rachat récent de l’entreprise de drones solaires Titan Aerospace par Google) ou en construisant eux-mêmes les infrastructures de l’Internet, comme le projet de câbles sous-marins Seabras-1 porté par Alcatel-Lucent reliant le Brésil aux US. Mais l’enjeu est aussi social : confronter les populations les plus pauvres à la technologie, pour leur offrir l’accessibilité à l’information et observer les usages qu’ils en font. Dans cette optique, Coca-Cola, grâce à la technologie et le design fourni par BT, a équipé ses distributeurs de boissons de bornes wifi dont l’accès est gratuit. Le projet pilote s’est pour l’instant établi à Umtata et Nelspruit.

Maximiser l’accessibilité et l’utilisation d’Internet

Ces deux villes sont respectivement situées dans les provinces du Cap occidental et celle de Mpumalanga, qui sont particulièrement faciles d’accès. Le premier lieu est le Sasol Integrated Energy Centre, lieu populaire pour les populations locales, car proche d’une borne de taxi et qui est dirigé par une coopérative féministe, très attractive pour ces populations. Un fast food, c’est le deuxième lieu pilote choisi pour implanter ces bornes Wi-Fi. Dans les deux configurations, ces distributeurs de boissons sont situés à proximité de centres commerciaux et d’écoles. En accès gratuit, l’idée est donc que les populations locales combinent leurs activités quotidiennes (shopping, école …) à l’usage de l’Internet pour leur travail ou leurs travaux scolaires. De plus, dans la mesure où Coca-Cola est l’une des marques les plus présentes en Afrique juste pour la vente de sa célèbre boisson, ce modèle de distributeur connecté peut être étendu à beaucoup d’autres régions reculées. Avec cette installation physique, Coca utilise donc la notoriété de ses produits pour mettre une dimension sociale dans l’apport d’Internet. En effet, comparée aux géants du web qui développent de leur côté des drones solaires pour amener l’Internet, Coca miserait sur une approche plus locale (réunion en un lieu précis où il y'a du Wi-Fi) et donc plus sociale afin de développer les usages.

Etudier, et même insuffler des usages ?

Le but premier de l’installation de ces bornes Wi-Fi est l’accès illimité à l’information via l’Internet pour les populations les plus défavorisées mais aussi pour la classe moyenne sud-africaine. Selon David Visser, en charge des technologies de l’information de Coca-Cola en Afrique du Sud, ces bornes wifi vont d’abord être favorables aux étudiants et aux écoliers, qui "enrichiront leurs connaissances" grâce à Internet. Le nombre d’internautes reste encore faible pour un pays de 53 millions d’habitants, car il s’élève à 10 millions (selon les statistiques de 2011) et la répartition est encore inégale même si le pays se classe parmi les premiers dans l’accès à Internet sur le continent africain. Ces distributeurs connectés pourraient donc être bénéfique pour l’accès à l’information et pour l’usage pédagogique. Aussi, cet apport d’Internet pourraient permettre à des business d’éclore, ou tout simplement de servir de lieu où les actifs peuvent gérer leurs activités. Dans une récente interview, Stefan Sakoschek souligne l’existence d’une classe moyenne sud-africaine avide d’entrepreneuriat et d’ouverture, même si elle est encore émergente (car elle hérite de 40 ans d’Apartheid). Si l’Afrique du Sud est déjà en train de stimuler cette classe entrepreneuriale grâce à des incubateurs ou autres infrastructures, ces relais Wi-Fi permettraient de la stimuler davantage, dans des zones plus reculées où cette tendance est moins répandue. D’autant plus que l’Afrique du Sud est un véritable moteur de l’Afrique australe selon Stefan Sakoschek, les usages de ces bornes wifi pourraient facilement en franchir les frontières.

 
Rédigé par Arthur de Villemandy