Les experts de la Commission européenne livrent un rapport envisageant la situation de l’école face aux nouvelles technologies et leur apprentissage. Les défis restent nombreux.

La Commission européenne veut développer l’école connectée

Une cinquantaine d’experts réunis, 22 pays représentés, la Commission européenne a investi d’importants moyens pour saisir les enjeux de l’école de demain. Le rapport qu’elle rend public ces jours-ci insiste particulièrement sur un de ces enjeux : le digital. Pour le dire autrement, comment apprendre aux futurs citoyens de l’UE les nouvelles technologies et les médias qui en découlent ? Et comment s’adapter à cette nouvelle manière de communiquer ? 175 millions d’Européens se connectent chaque jour aux réseaux sociaux selon une étude de Internet World Stats. Dès lors la nécessité d’éduquer et de sensibiliser sur ces outils devient primordiale. Les experts consultés ont essayé d’envisager plusieurs solutions qu’ils ont classées selon leur degré de faisabilité. Les idées proposées sont de différentes échelles allant de l’action gouvernementale aux décisions des directeurs d’écoles et enseignants.

Les professeurs à la source du changement

Un des premiers domaines à travailler pour les experts à l’origine du rapport reste la formation des enseignants. Ceux-ci auraient besoin d’être formés aux nouveaux médias et aux nouvelles technologies. Cependant une récente enquête de l’association “Savoir Livre” et de TNS Sofres tend à montrer que les professeurs, loin d’être de dépassés, sont de plus en plus nombreux à utiliser le numérique. Entre 2011 et 2014, la proportion d’instituteurs du primaire à se servir de manuels numérique a bondi de 8 % à 20 %. Et aujourd’hui près de la moitié (45 %) des enseignants d’histoire-géographie utilise ces manuels numériques. En revanche le rapport de la Commission européenne insiste sur le besoin d’accroître la présence sur les réseaux sociaux des écoles. Il pointe les bénéfices qu’apporterait le retour des parents et des élèves. Une meilleure communication qui ne pourrait que profiter aux enseignants régulièrement en butte à une certaine inimitié. Toujours pour améliorer l’enseignement, le rapport fait la promotion des ressources en ligne. Mais les développer serait un défi difficile selon les experts.

L’insurmontable challenge : mettre les élèves au centre

Le rapport voit aussi plus loin. Faire des élèves et des étudiants les “co-designer” de leur enseignement pourrait être le prochain challenge de l’école et de l’université. Autrement dit, il faudrait encourager les recherches personnelles, les projets en ligne, les jeux intéractifs, etc : se servir des nouvelles technologies pour faire des élèves le centre de leur propre apprentissage. La Hellerup School au Danemark tente d’appliquer ce concept avec différents espaces dans lesquels les élèves peuvent agir librement : aire de jeux ludiques et espace de travail notamment. Les élèves deviennent responsables de leur enseignement. Cet objectif à long terme est un des plus difficile à atteindre selon la Commission. Car si les nouvelles technologies sont capables d’améliorer la qualité des enseignements, elles peuvent aussi creuser les inégalités ou détériorer les relations étudiants/professeurs. Le nouveau modèle de l’école connectée semble donc encore à inventer.

Rédigé par Guillaume Scifo