Faut-il s'inscrire sur Twitter quand on est patron d’une entreprise ? Et quels sont les enjeux et les bénéfices derrière ? Autant de questions que les chefs d’entreprises français commencent à se poser.

Communication externe ou réseau : les chefs d’entreprises encouragés à tweeter

Aujourd’hui, seuls 6 chefs d’entreprises du CAC 40 sont sur Twitter. C’est ce que révèle en effet l’enquête qualitative intitulée “Les patrons qui tweetent...” menée par Ipsos en collaboration avec l’association Media Aces et dont les résultats ont été dévoilés aujourd’hui. D’ailleurs, l’étude révèle que le caractère expérimental de Twitter a contribué à des pratiques très hétérogènes au sein de la twittosphère patronale française. Ainsi, si certains se contentent d’y observer les tendances, d’autres l’utilisent comme réseau d’échange d’information en rediffusant des nouvelles. Les plus actifs sont souvent ceux qui créent leurs propres contenus, un moyen d’affirmer leur leadership et d’incarner humainement leurs entreprises. Deux tendances principales se détachent dans l’utilisation de Twitter par les chefs d’entreprises français : le réseau et la communication externe. 

Quels sont les enjeux derrière ?

Françoise Gri, actuellement à la tête de Pierre & Vacances, a choisi son camp : « Twitter m’a permis de recruter certains collaborateurs que je n’aurais pas pu rencontrer ailleurs » explique-t-elle. Le but est donc une plus grande visibilité à un coût insignifiant, de quoi apporter de la chair à une entité, ainsi qu’à entretenir des réseaux professionnels. Pour Nicolas Bordas, vice-président de TBWA Europe et président du micro­réseau mondial Being, l’intérêt est aussi de faire passer des informations décentralisées à l’ensemble de ses collaborateurs en un tweet, mettre fin rapidement à la polémique, et rester connecté aux journalistes. « Une réponse fournie sur Twitter est plus sûre qu’une interview en direct où on ne dispose pas de temps de réflexion » explique celui-ci. Enfin, pour les patrons habitués, Twitter est un excellent outil de veille d’information en temps réel. Néanmoins, cet argument ne convainc pas Bruno Witvoet, patron d’Unilever France, qui lui n’est pas présent sur les réseaux sociaux. « Un patron d’entreprise ne doit-il pas résister à l’instantanéité et opter pour une vision à long terme ? » a-t-il riposté pour sa part durant l'évènement.

Les patrons conseillent...

Alors quels sont les bonnes pratiques pour un chef d’entreprise qui tweete ? « Il n’y en a pas, à proprement parler » répond Nicolas Bordas. Selon lui, la ligne éditoriale partagée entre les paroles publiques et l’expression personnelle reste un véritable casse-tête. Il vaut mieux afficher une position claire dès le départ, savoir à qui on s’adresse. Les patrons qui relaient des informations sur Twitter auraient davantage à gagner s’ils deviennent de bons curateurs pour leurs followers tout comme ceux qui ont choisi l’approche personnelle devraient savoir montrer leur personnalité. « Je conseillerais aux patrons qui n’ont pas encore de compte twitter d’en créer un. Commencez par observer et puis retweeter avant de publier les contenus » Pour Françoise Gri, qui a animé dans un premier temps un blog personnel avant de se lancer sur Twitter (tout comme Nicolas Bordas),  il y a des sujets que l’on ne peut pas lancer en 140 caractères. « Le blogging est complémentaire à Twitter, car s’il n’y a pas de contenus, Twitter perd son effet amplificateur » commente-elle.

Rédigé par Ruolin Yang
Journaliste