Selon l'université d'Otago, il est nécessaire de former les salariés aux nouvelles technologies pour augmenter la réactivité des équipes et favoriser l'innovation.

Les salariés doivent acquérir des compétences numériques au même titre qu'ils apprennent à gérer une équipe ou à collaborer autour d'un projet, affirme dans une étude Bronwyn Hegarty, chercheuse à l'université polytechnique d'Otago. L'universitaire a dirigé un projet de recherche visant à dessiner les stratégies et outils permettant de développer la connaissance numérique auprès des professionnels et des étudiants, dans les institutions néo-zélandaises. "Les outils innovants se trouvent désormais au cœur du développement de l'entreprise", confirme à L'Atelier Bruno Gourevitch, président d'Altaïr Conseil - un cabinet spécialisé dans le management et la gestion des risques. "En aval, il faut donc une formation spécifique, pour donner aux salariés la possibilité d'intégrer les usages liés aux nouvelles technologies", explique-t-il. Selon la responsable de l'étude, l'acquisition de compétences numériques permet aux individus d'adopter de nouveaux modes de fonctionnement.

Développer des champs relationnels

"Les personnes qui sont au fait des technologies innovantes sont également celles qui sont les plus à même de partager et de collaborer", souligne ainsi la chercheuse. "Les entreprises doivent aujourd'hui communiquer avec tout un éventail de collaborateurs - clients, partenaires ou sociétés de tutelles", note Bruno Gourevitch. "Il faut par conséquent apprendre aux salariés à développer des champs relationnels plus étendus". Pour le consultant, les entreprises ont tout à gagner à mettre en place des outils de veille stratégique ou de partage d'informations. "Cela n'est pas toujours spontané", déplore-t-il. "D'où l'importance d'une formation personnalisée, qui favorisera ensuite les échanges entre les collaborateurs", développe-t-il. La création d'ateliers spécifiques, l'utilisation de modules d'e-learning, ou la mise en place de programmes de sensibilisation sont des solutions possibles. Pour l'université, les entreprises devraient par ailleurs laisser aux salariés un espace de liberté sur Internet, avec la possibilité d'accéder aux réseaux sociaux durant un moment de la journée.

Le serious game pour apprendre à manager

"Les entreprises savent qu'elles sont contraintes à évoluer en ce sens", reconnaît le spécialiste. "Mais il y a toujours le risque de voir des informations confidentielles divulguées. Le mieux est donc de développer des espaces spécifiques, avec un community manager qui anime la discussion, et oriente les échanges vers une finalité pour l'entreprise", explique-t-il. Autre option, mise en avant par les chercheurs : le serious game. "Dans ces programmes, la notion de jeu finit par s'estomper : ils sont très pertinents pour la simulation, par exemple dans la gestion de crise, pour apprendre à réagir vite et bien, tout en préservant l'image de la marque", indique le consultant. Les jeunes générations habituées aux jeux numériques possèdent par ailleurs, selon lui, des capacités accrues dans le management d'équipes.

Rédigé par Basile Segalen