General Motors utilise désormais le prototypage rapide pour mettre au point certaines de ses pièces maîtresses. Un usage massif de solutions numériques qui permet d'envisager leur mise à disposition auprès des clients.

Des conducteurs bientôt fabricants de leur propre véhicule ?

Comment accélérer le design de produits puis leur fabrication ? En utilisant des solutions de prototypage rapide, comme la stéréolithographie et le procédé SLS (Selective Laser Sintering). General Motors a récemment annoncé combiner les deux, afin de mettre rapidement au point de véritables objets à partir d'un simple modèle numérique. Le fabricant dispose d'un laboratoire dédié et baptisé The Rapid Prototype Laboratory, et dans lequel des techniciens peuvent produire et tester des composants sans faire monter la facture. Pourquoi en parler ? Parce que ce type de système, qui élimine des frais et plusieurs phases de design et réalisation, pourrait permettre d'ouvrir l'innovation aux clients - designers, ingénieurs, mais aussi peut-être consommateurs finaux - du fabricant. "Aujourd’hui, ce n’est du tout le cas", répond à L'Atelier David Bolognino, directeur de fabrication de General Motors aux Etats-Unis. Mais cela est loin d'être exclu. "D’un point de vue technologique, au regard du développement rapide et pertinent de nos prototypes, il n’y a aucune raison pour que nous ne nous tournions pas vers le développement d’outils personnalisés", ajoute-t-il.

La pertinence des réseaux sociaux

Ce qui permettrait de personnaliser les véhicules, ou de lancer des concours d'idées auprès des clients et des consommateurs. Selon lui, ce qui freine le développement de ce qui deviendrait des living labs et la réalisation des projets clients, ce sont les étapes très techniques dans la construction ainsi que leur adaptation aux particuliers. Malgré ces obstacles, le directeur estime que l’innovation n’en reste pas moins ouverte, mais sous d’autres formes. En effet, il existe une interaction entre les équipes de designers et d’ingénieurs avec les clients par le biais de programmes d’évaluation comme Main Street in Motion où les consommateurs peuvent évaluer les véhicules, mais pas seulement. "Une autre plate-forme permet de créer ces liens et de s’ouvrir aux propositions des consommateurs",  explique David Bolognino.

Des opportunités à saisir

"Il s’agit des réseaux sociaux. Nos ingénieurs sont attentifs à ce qui s’y passe et surtout aux manières de faciliter l’intégration des réactions postées dans le processus de développement des produits". C’est une manière selon lui, de s’imprégner des réactions des consommateurs, soit une autre forme d’interaction que celle qu’ils peuvent établir avec un partenariat professionnel. Jusqu’ici, les demandes avaient toujours été filtrées par les équipes complexes d’ingénieurs, de designers. "Mais l’étape où survient l’interaction entre les clients et le concessionnaire ne peut pas se faire d’un coup car il y a des ajustements techniques et conceptuels à effectuer". La prochaine phase sera donc d’intégrer les principes des technologies de 3D dans les relations clients pour rendre cette innovation disponible en B to C. Et cela se fera au moyen des réseaux sociaux.

Rédigé par Estelle Caudal