Face à l’émergence de nouveaux systèmes de vote électronique, les questions s’accumulent quant à leur sécurité et leur fiabilité. Dans tous les cas, la confiance des électeurs est au centre des préoccupations.

La confiance, clé de voûte du vote électronique

L’État de Victoria au Sud de l’Australie a mis en place ce week-end un nouveau système de vote électronique à l’occasion des élections fédérales. Ce système se base sur le programme “Prêt-à-voter” établi il y a de cela dix ans par le professeur Peter Ryan de l’université de Luxembourg. En association avec les universités du Surrey au Royaume-Uni et de Melbourne, la Commission électorale de l’État de Victoria a combiné le système papier du “Pret-à-voter” avec l’électronique. Les Australiens de la région ont ainsi pu voter sur des écrans tactiles censés offrir plus de sécurité et une accessibilité accrue pour les personnes nécessitant une aide. Cette question de l’accessibilité était déjà au centre du projet Intuitive Voting. Mais la dématérialisation du vote n’inspire pas nécessairement confiance, d’où la nécessité pour les développeurs de trouver de nouveaux moyens pour rassurer électeurs et gouvernements.

Le reçu, nouvel outil de confiance

L’idée maîtresse du système “Prêt-à-voter” de Peter Ryan, c’est le reçu. Pour faire simple, le citoyen reçoit un ticket une fois son vote enregistré pour prouver que sa participation a bien été prise en compte. Car le vote électronique peut donner cette impression de dématérialisation qui risque fort de faire douter l’électeur. Le reçu permet donc d’assurer une certaine matérialité du vote électronique et d’établir un lien de confiance avec les citoyens. Ce reçu est crypté de telle manière que le vote reste secret. Concrètement, la liste des candidats est établie au hasard pour chaque vote, l’électeur coche devant son choix et reçoit, comme reçu, l’endroit coché avec un code qui lui permet sur un site web de retrouver la liste qu’il avait sous les yeux. De cette façon, le reçu ne contient en lui même aucune informations sur le votant ou sur ses choix. Car le second enjeu pour renforcer la confiance dans le vote électronique reste la sécurité et le respect de l’anonymat.

Plus de sécurité pour conforter les électeurs malgré des questions en suspens

Les outils de cryptage se généralisent avec les derniers systèmes de vote électronique. Le but est toujours le même : maintenir un lien de confiance avec les citoyens. Cela dit de nombreuses questions restent non résolues. “Bien entendu, les experts informatiques sont en mesure de rendre le vote électronique très sécurisé mais ils ne seront jamais capables de réduire le risque à zéro. Tous les systèmes électroniques peuvent être hackés mais avec un cryptage intelligent, le risque de manipulation ou de perte du secret du vote peut être minimisé.” explique Peter Ryan. Tout l’enjeu des années à venir sera donc de convaincre les organisations politiques de recourir à ce système électronique qui, selon le professeur de l’université de Luxembourg, comporte finalement moins de risques que le vote papier. En effet, truquer une élection électronique demandera des compétences extrêmement pointues en informatique quand le bourrage d’urnes semble moins compliqué sur le plan technique. La confiance dans le vote électronique apparaît donc primordiale pour que le système s’impose et les développeurs l’ont bien compris. Plus largement, de plus en plus d’institutions envisagent le numérique comme un outil indispensable pour accroître la participation citoyenne, preuve peut-être que la confiance dans le numérique fait son chemin petit à petit.

Rédigé par Guillaume Scifo