A la suite de l’affaire PRISM, une enquête révèle que si les internautes sont plus préoccupés par la sécurité de leurs données, ils restent relativement ignorants vis-à-vis du cadre juridique et se sentent incapable de contrôler leur trace numérique.

Confidentialité des données : les internautes américains se sentent inquiets et démunis

Les révélations d’Edward Snowden sur l’affaire PRISM, le vaste programme de surveillance électronique mise en place par les Etats-Unis a une fois de plus ravivé le débat autour de la confidentialité des données personnelles. Même si jusqu’à présent, on ignore encore les réels pouvoirs, légaux ou non, de la NSA (Agence de sécurité nationale américaine) par le biais du programme, l’inquiétude des internautes concernant la sécurité de leurs données dans le cloud quant à elle est bien réelle. Afin d’évaluer le niveau de la préoccupation des internautes, la société KDS a récemment mené une étude auprès de centaines de professionnels du monde entier. Résultat : si la part écrasante de la population interrogée se dit inquiète, elle se sent pourtant démunie de moyens pour contrôler leurs informations personnelles sur Internet.

Les internautes inquiètes mais ignorants

Ainsi, plus de 72% des personnes interrogées déclarent être plus préoccupées qu’avant de l’emplacement de stockage de leurs données et l’identité de leurs hébergeurs. Fait intéressant : malgré le déferlement médiatique, plus de 60% des sondés ne comprennent pas vraiment quelles sont les implications du Patriot Act. Cette loi anti-terroriste, votée à la suite des attentats du 11 septembre, confère aux autorités américaines le droit d’examiner secrètement les données hébergées par des sociétés américaines. Et cela concerne également les données européennes stockées par des sociétés américaines. L’espionnage serait donc international. « Si vous voulez éviter que vos données ne se retrouvent plus sur Internet, il faut régler toujours en liquide, n’utiliser plus jamais de téléphones mobiles, ne vous connecter plus jamais sur le web. C’est le prix à payer pour rester invisible » ironise Pierre Haren, consultant chez IBM.

Les individus en quête de services alternatifs ?

L’enquête a par ailleurs mis en lumière cette incapacité ressentie par les individus à protéger leurs données : plus de la moitié des personnes ayant répondu ne pensent pas être capables, même si elles le souhaitent, de retirer leurs informations personnelles présentes sur Internet. Alors, seront-ils prêts à renoncer à une partie de leurs vies privées si cela permettait aux agences de lutter contre le terrorisme ? Les réponses sont partagées avec environ 45% des sondés qui disent non. Cela montre que « si le gouvernement américaine ne parvient pas à convaincre le public que ce compromis en vaut la peine, les utilisateurs pourraient bien se mettre à chercher d’autres services alternatifs » conclut l’enquête.

Rédigé par Ruolin Yang
Journaliste