En se basant sur la réputation des possesseurs de smartphones, il est possible de résoudre le principal défaut des enquêtes les concernant, à savoir la fiabilité des données collectées.

Mieux connaître les utilisateurs de smartphone, pour mieux les croire

 

Lors des enquêtes, les utilisateurs de smartphones ont souvent des choses à dire, mais comment mesurer la qualité des informations fournies ? La plupart du temps, ces données sont en effet utilisées par les analystes sans être remises en cause, ce qui peut évidemment fausser les résultats et mener à des conclusions peu pertinentes. HaoFan Yang, Jinglan Zhang, et Paul Roe, chercheurs à l’Université Technologique de Queensland en Australie proposent donc, pour tenter de résoudre le problème, de se baser sur la réputation des participants, et plus généralement sur ce qui les caractérise pour valider leur pertinence. A partir d'un certain nombre de critères, il serait ainsi possible d'attribuer une sorte de degré de confiance à chacun d'entre eux, et de vérifier ainsi la crédibilité des données fournies.

Une évaluation basée sur trois critères

Pour évaluer le participant, les chercheurs proposent de se baser sur trois critères: la réputation directe (qui prend en compte la qualité des informations fournies, et les données disponibles sur les performances passées); les informations relatives au volontaire (qui précise les caractéristiques du participant, qualité de son smartphone); la réputation indirecte (qui s’intéresse à l'opinion de la communauté sur celui-ci). Les chercheurs précisent que de ces trois critères, le premier reste le plus significatif, dans le sens où il s'agit du seul qui soit totalement objectif, et impossible à falsifier. Le participant peut alors se voir attribuer quatre degrés de confiance, depuis "tout à fait digne de confiance" jusqu'à "non crédible". 

Une méthode généralisable sous certaines conditions

Pour les auteurs de l'étude, cette technique d'évaluation n'est pour l'instant pas assez généralisée. A leur sens, celle-ci devrait être étendue à d'autres domaines et communautés. Ainsi, les données récoltées sur une personne devraient pouvoir être partagées entre communautés, afin que ces dernières puissent obtenir des informations sur un postulant avant de l'intégrer plus avant. Ils mettent toutefois en garde contre les dérives possibles d'un tel système, et soulignent la nécessité de la mise en place d'un code éthique pour pourvoir réellement utiliser celui-ci de manière efficace.