Enernoc place sur les installations électriques des boîtiers qui réduisent l'énergie disponible pour les appareils électriques en cas de forte consommation. Cela évite aux fournisseurs d'électricité de remettre en marche des centrales au repos.

Comment lutter contre la remise en service d'anciennes centrales peu écologiques, lors des pics de consommation d'électricité ? Dans un premier temps, en diminuant de manière imperceptible l'électricité apportée aux appareils électriques. Dans un deuxième temps, en récompensant financièrement les entités qui acceptent de le faire. C'est ce que propose l'entreprise américaine Enernoc. Pour y parvenir, elle a développé des boîtiers qui se branchent directement sur l'installation électrique de ses clients : entreprises, établissements scolaires, institutions publiques...
Anticiper le pic de consommation
Lorsque toute la population augmente simultanément sa consommation d'énergie, "le fournisseur d'énergie anticipe le pic et prévient l'entreprise Enernoc". C'est ce qu'explique Matthieu Roynette, auteur de l'ouvrage "100 pionniers pour la planète" et initiateur du projet Shake your Planet. Enernoc envoie alors une notification à ses clients, qui choisissent d'accepter ou de refuser le lancement du boîtier à ce moment de l'année. S'ils sont d'accord, le boîtier entre alors en jeu pour réduire momentanément de 20 à 30 % le fonctionnement des appareils. L'énergie économisée est revendue au fournisseur d'électricité.
Rémunérer ses clients
"L'innovation de ce projet est qu'il s'agit d'une relation gagnant-gagnant" poursuit Matthieu Roynette. Le fournisseur d'électricité paye la société Enernoc pour diminuer la consommation des appareils. "Celle-ci reverse ensuite chaque année une grande partie de ces sommes à ses clients. L'université du Connecticut s'est vue, par exemple, remettre un chèque de 75 000€ l'année dernière". En France, des projets de ce type existent également, "mais aucun n'est viable à l'heure actuelle, car ces sociétés n'arrivent pas à rémunérer leurs clients", conclut Matthieu Roynette.