La construction de nouvelles autoroutes pallie le manque d’accès aux ressources des territoires isolés. Mais le coût biologique et environnemental est souvent lourd. L’analyse de données pourrait bien résoudre le dilemme.

Construire des autoroutes grâce au Big Data ?

Dessiner un réseau de transport pertinent où chaque route a son importance est cruciale dans l’acheminement des ressources d’un pays. D’autant plus pour les ressources alimentaires, qui, pour éviter le gaspillage, doivent parcourir des trajets rapides. Et dans un contexte de changement climatique la sécurité alimentaire est un enjeu de plus.  Selon Ben Phalan, chercheur à l’Université de Cambridge : « Dans l’Ouest de l’Afrique, on voit souvent des oranges pourrir dans les vergers parce qu’il est trop coûteux et trop difficile de les acheminer fraîches sur le marché. » Or, construire de nouvelles routes dans des zones encore vierges a un coût écologique  puisqu’elles impliquent déforestation, chasse des espèces et expansion agricole. Comment donc résoudre le dilemme suivant : enrichir la qualité des réseaux de transport sans porter atteinte à l’environnement ?

Trois chercheurs se sont penchés sur la question en utilisant le Big Data: Phalan, Andrew Balmford de l’Université de Cambridge et Jianchu Xu, professeur à l’institut de botanique de Kunming.  Grâce aux données sur la biodiversité, le climat, les trajets et le rendement des récoltes, ils ont tracé des cartes indiquant où l’emplacement de nouvelles routes serait le plus bénéfique pour la production des récoltes et le moins dommageable pour l’environnement. En utilisant un logiciel de mapping puissant capable de calculer écarts de rendement, ils ont pu dégager le potentiel de certaines zones du bassin du Mékong pour accroître la production agricole sans en étendre les terres de culture. Une façon responsable et écologique d’utiliser le Big Data ?

Rédigé par Laura Frémy
Journaliste