Si les aides occidentales pour stimuler la recherche sur le continent sont nombreuses, leur efficacité n'est pas toujours avérée. Que préconise-t-on pour soutenir la recherche? La coopération internationale pourrait être une solution...

Si les aides occidentales pour stimuler la recherche sur le continent sont nombreuses, leur efficacité n'est pas toujours avérée. Que préconise-t-on pour soutenir la recherche? La coopération internationale pourrait être une solution...
Reconnue comme un facteur essentiel de développement, la science a un rôle prépondérant à jouer en Afrique. Cette conclusion, évoquée à plusieurs reprises lors des derniers sommets internationaux sur le développement, est restée sans suite au grand dam des universitaires africains. Le continent fait en effet face à de nombreux obstacles empêchant le décollage d’une recherche qui ne demande qu’à s’épanouir. Les facteurs explicatifs de cette situation que l'on déplore, y compris dans les plus hautes sphères de la diplomatie mondiale, sont tant endogènes qu'exogènes.
Un terreau peu fertile
De nombreux problèmes se posent dès lors qu'il s'agit du développement d'une recherche africaine. Le principal facteur bloquant résiderait dans l'environnement dans lequel s'inscrivent ces activités scientifiques. Il n'est en effet pas propice à la poursuite de recherches de haut niveau. Le manque cruel d'équipements dédiés, et plus largement, d'un tissu suffisamment dense et évolué d'infrastructures, constituent des obstacles majeurs pour ce type d'activités. D'autant que celles-ci sont très exigeantes en termes matériels. Dans ce cadre, il est bien difficile pour les chercheurs locaux de pratiquer leur métier. Une mauvaise gestion, un défaut d'encadrement national, ainsi que la faiblesse des moyens accordés incitent ces derniers à exercer ailleurs, le plus souvent hors du continent. C'est l'exode des cerveaux.
Des facteurs externes
Le manque d'investissements aidant, le cercle vicieux d'une recherche grevée par le sous-développement, et un développement qui n'est pas stimulé par la science, perdure. A ce tableau peu optimiste viennent s'ajouter des aides occidentales qui ne semblent pas en capacité de favoriser l'essor d'une science africaine. Pire encore, des politiques restrictives constitueraient un frein au décollage de certaines activités potentiellement viable en Afrique. "Une restriction stricte est placée sur l'accès aux […] technologies, en raison des brevets et de la propriété intellectuelle [...] par exemple, les médicaments antirétroviraux possèdent des équivalents génériques qui pourraient être développés en Afrique", a déclaré Opoku-Mensah, directrice du département des technologies de l'information et de la communication, de la science et de la technologie de la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, à nos confrères de CORDIS Nouvelles. Elle a notamment prononcé un discours autour de l'aide à la recherche en Afrique, le 26 juin dernier, lors d'une rencontre informelle qui a réuni des membres des instances européennes, des industriels, délégués d'ambassades et ONG.
Une coopération pour la recherche scientifique
Plusieurs axes d'amélioration subsistent néanmoins. La question d'une collaboration internationale, et notamment de l'Union Européenne, est au cœur de la problématique de développement de la science africaine. Des solutions visant au rapprochement des chercheurs occidentaux avec les experts locaux, via l'intervention de structures présentes sur les deux continents, auraient été évoquées lors de la rencontre du 26 juin. Dans le même registre, des membres du parlement européens y ont préconisé un rapprochement des entités responsables de la politique européenne pour le développement, avec celles en charge des dossiers technologiques. Une chose est sûre, le décollage de la recherche scientifique africaine ne peut être le seul fait des pays membres. L'adoption de relations plus directes avec les chercheurs locaux semble être privilégiée par certains des groupes de discussion en présence. Une collaboration s'inscrivant dans le long terme apparaît par ailleurs nécessaire. A l'évidence, des actions telles que le développement d'infrastructures, et à plus forte raison, d'équipements dédiés à la recherche, ne se fait pas en un jour.
Julien François, pour L'Atelier  
(Atelier groupe BNP Paribas – 16/07/2007)