A l'image d'un grand nombre de villes d'Asie, Séoul à décidé d'implanter à Inchon (50 km à l'ouest de la capitale) sa technopole de l'an 2000, gigantesque projet ouvert sur "le ciel, la mer et la te...

A l'image d'un grand nombre de villes d'Asie, Séoul à décidé d'implanter à Inchon (50 km à l'ouest de la capitale) sa technopole de l'an 2000, gigantesque projet ouvert sur "le ciel, la mer et la terre". Le ciel, c'est le nouvel aéroport international construit sur deux îles réunies artificiellement. 24 h/24 il pourra accueillir 27 millions de passagers. La mer, c'est un port ultramoderne pouvant traiter les plus gros porte-conteneurs en un temps record. Annuellement, pas moins de 25 millions de tonnes de marchandises pourront y transiter. La terre, c'est une ville nouvelle, Songdo et sa "media valley", cité articulée autour d'un téléport. Se voulant le nec plus ultra de la technlogoie de pointe, (informatique, télécommunications, multimédia) "media-valley" sera la "vallée sans papier". Lancé en 1994 à l'initiative de Choi Ki-sun, le maire d'Inchon, ce projet a reçu le soutien du gouvernement et l'appui de la fédération du patronat coréen. Cinq milliards de dollars seront dépensés d'ici à l'an 2001. Afin d'attirer les investisseurs privés, toute une batterie d'incitations fiscales, d'exonérations de taxes ont été mises en place. Les terrains sont proposés à des prix sept fois moins élevés qu'à Séoul. Comme le reconnaît Choi Ki-sun "Outre-Atlantique, Hewlett-Packard s'est montré intéressé. En France, nous sommes demandeurs dans le secteur des semi-conducteurs, des télécommunications, de l'hôtellerie. Mais pour l'instant, nous n'avons que des discussions". Selon lui, plus de 2 000 entreprises représentant 33 000 emplois et un chiffre d'affaires de 6 milliards de dollars pourraient s'installer vers 2005.

Le gouvernement malaisien a lancé, de son côté, Cyberjaya et son "multimedia super corridor". Mais là aussi, il s'agit d'une ville futuriste supposée réunir les spécialistes des technologies avancées du monde entier. Sans être abandonné totalement, ce projet a dû être repoussé dans le temps du fait de la crise.

Que ce soit à Singapour, en Indonésie, aux Philippines, les projets de nouvelles cités "higt-tech" prolifèrent. Toutes veulent attirer les investisseurs étrangers proposant des activités à haute valeur ajoutée.

Pékin, en Chine, vient de donner le premier coup de pioche d'une technopole ultra moderne au nord de la capitale destinée à "rassembler les grandes entreprises chinoises et étrangères spécialisées dans les secteurs électroniques et informatiques".

De l'autre côté de la mer Jaune, juste en face de la Corée, Tianjin ou le Liaoning multiplient les initiatives du même genre.

Qu'ils soient courtisés par Séoul ou Kuala Lampur, les grands groupes occidentaux, américains ou européens, sont les mêmes. La plus lourde menace pour Inchon et sa "media valley" proviendra sûrement de cette course aux technopoles du XXIè siècle, toutes "géographiquement stratégiques". (Le Figaro - 01/04/1998)