A l’occasion de la conférence Eurocrypt 2004, qui se tenait en Suisse la semaine dernière, deux chercheurs européens en cryptographie ont présenté plusieurs techniques de cryptographie. Leur...

A l’occasion de la conférence Eurocrypt 2004, qui se tenait en Suisse la semaine dernière, deux chercheurs européens en cryptographie ont présenté plusieurs techniques de cryptographie. Leur démonstration a consisté à identifier des mots volontairement brouillés à l’encre noire dans des documents américains officiels sur la menace Al-Qaida.

Au mois d’avril, le gouvernement de Georges W. Bush publiait un mémorandum - adressé par la CIA - et censé démontrer que les avertissements des services de sécurité n’étaient pas assez précis et ne permettaient donc pas de prévoir la menace terroriste. Seul hic : des passages du documents étaient noircis et donc illisibles.

David Naccache, directeur du laboratoire de sécurité informatique au sein de Gemplus, et Claire Whelan, une doctorante irlandaise, ont démontré à l’occasion d’Eurocrypt qu’ils pouvaient déchiffrer ces passages noircis. Ils ont commencé par utiliser un programme de réalignement du texte, qui avait été déformé lors de sa numérisation. Ensuite, il leur a fallu avoir recourir à un logiciel de reconnaissance de caractères, qui a établi que le texte avait été composé en police Arial.

Ceci a permis aux deux chercheurs de déterminer le nombre de pixels utilisés et le nombre de caractères compris dans chacun des termes noircis. Une fois cette donnée récupérée, un dictionnaire suffit à identifier les mots dont la taille correspond à l’espace noirci. Enfin, c’est à la logique humaine (analyse du contexte grammatical et sémantique) qu’il faut faire appel pour déterminer quel mot, parmi les derniers sélectionnés, colle le mieux au contexte du document.

De nombreuses archives pourraient ainsi profiter de cette technique de décryptage. Dans le cas américain choisi par David Naccache et Claire Whelan, le travail a par exemple permis de déterminer avec assurance que les hélicoptères utilisés par les Irakiens avaient été achetés à la Corée du Sud.

(Atelier groupe BNP Paribas - 11/05/2004)