Le défi du numérique se joue également dans la protection des réseaux et des informations. Mais les stratégies efficaces porteront leurs fruits si les institutions internationales collaborent.

Cyber-sécurité nationale, une priorité qui passe par la collaboration

Afin de mettre en place des stratégies de défense numérique efficaces, il est essentiel de promouvoir des acteurs européens et internationaux. Un rapport de l'Agence européenne de la cyber-sécurité (ENISA) précise que cela passera notamment par la collaboration des institutions spécialisées des risques informatiques et par l'analyse conjointe des risques numériques. Dans l'édition consacrée à la France, l'agence indique que la défense numérique sera stimulée par la collaboration des homologues* européens du Centre d'expertise gouvernemental de réponse et de traitement des attaques informatiques. A ce titre, elles devront conjointement développer des mesures pour traiter des incidents à grande ou moyenne échelle, tout en facilitant le partage d'information. C'est également la recherche et la formation qui permettront l'amélioration des performances sur les sujets de sécurité numérique. Le rapport note également que cette collaboration doit être proactive, et internationale.

Proactivité internationale

Pour combattre la cybercriminalité, la stratégie de défense numérique doit faire des efforts sur différents points. Une meilleure analyse de l'environnement, la détection d'attaque - et le soutien aux organisations victimes -, ainsi que le soutien croissant des compétences tant humaines que scientifiques permettront une meilleure protection. Il sera de plus nécessaire de posséder une bonne protection des infrastructures des systèmes d'informations nationaux. Cela ne se fera cependant pas si les réglementations ne suivent pas les évolutions technologiques. Il est également primordial de donner les clefs de compréhension des problématiques de systèmes de sécurité aux Français à travers une communication pertinente. Enfin, le développement de la collaboration - notamment juridique - de l'hexagone avec l'international permettra un meilleur partage des bonnes pratiques.

De la théorie à la pratique

Pour autant, la politique française semble faire ses preuves puisque une stratégie claire existe depuis février 2011, et ce, grâce l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'informations. En ce sens, la France développe des intentions stratégiques dans l'idée de devenir un acteur international incontournable, en ayant conscience des menaces plausibles. Le pays a ainsi développé un portail d'information (securite-informatique.gouv.fr) dont le but est d'informer les citoyens et organisations sur les risques existants, allant jusqu'à expliquer la configuration de logiciel. D'autres initiatives, comme Signal Spam, aident les internautes à combattre le spaming, notamment en communiquant des recommandations et bonnes pratiques pour ne pas être victimes. Des efforts qui doivent être poursuivis, puisque le baromètre Eurostat indique que seules 22 % des sociétés Françaises ont une politique de sécurité numérique, tandis que la moyenne européenne est de 26,41 %.

* membres du European Government CERTs group