Un système permet d'amener en mer l'Internet haut débit. Ce, en combinant différents standards de transfert de données à un réseau de satellite. Les marins profiteront de services jusque là cantonnés à la terre ferme.

L'Internet haut débit est désormais accessible de partout, même en pleine mer. Le projet franco-espagnol E!3194 Force8, développé par le réseau paneuropéen de recherche industrielle Eureka,  lance un système d'accès qui combine des standards tels que le protocole IP, la norme de télévision numérique DVB (Digital Video Broadcasting) ou le roaming mobile, à un réseau de satellites géostationnaires orchestrés par des satellites de contrôle. Intérêt : proposer une connexion rapide et accéder à des services tels que la vidéo-conférence ou le transfert d'importants volumes de données. Le déploiement simultané de ces technologies Internet, réalisé via une plate-forme dédiée, créé un flux d'informations entre un bateau et sa base.
 
Un accès à Internet performant et sécurisé
 
Jusqu'à présent, les scientifiques ont réussi à établir une bande passante comprise entre 1 et 2 Mégabit/seconde. "Le fait d'être soutenus par Eureka nous a apporté la reconnaissance immédiate de la qualité technique de notre projet. Ceci, combiné au soutien financier de l'organisme, nous a permis de mettre sur pied un nouveau secteur de marché au potentiel important", souligne Marie-Noël Convert, directrice générale de C2 Innovativ'Systems, l'un des partenaires du projet. Selon les fondateurs de Force8, les réseaux satellitaires existants fournissaient un accès à Internet à bas débit, sans possibilité de transférer un grand nombre de données. Quelques systèmes seulement étaient proposés aux professionnels en mer.
 
Le haut débit pour tous les cœurs de métiers en mer
 
Parmi eux, Inmarsat, considéré par l'équipe de Force8 comme "souvent cher et avec une bande passante insuffisante", ou encore l'opérateur canadien indépendant Telesat, qui propose des services basés sur la technologie IP. Le nouveau réseau devrait se révéler très utile pour les navires de guerre ou de recherche, notamment en période de conflit. Il devrait permettre aux agences gouvernementales d'équiper leurs bateaux d'un accès haut débit pour renforcer la communication avec les postes de contrôle, ou de mettre en place des systèmes d'applications télé-médicales. Quant aux organismes de recherche, ils pourraient y voir un moyen d'améliorer leurs systèmes de transmission vidéo en temps réel. Le système a d'ailleurs déjà été vendu à l'Ifremer, l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer.
 

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