Traquant les contrefaçons pour le compte des industriels, la cellule de veille a découvert il y a trois semaines un site non payant sur lequel étaient stockés 26 670 numéros de cartes de crédit dont...

Traquant les contrefaçons pour le compte des industriels, la cellule de veille a découvert il y a trois semaines un site non payant sur lequel étaient stockés 26 670 numéros de cartes de crédit dont 339 françaises “c’est en traquant les contrefaçons de logiciels que nous sommes tombés par hasard sur ce site, dont nous avons obtenu l’adresse via un canal IRC”. Sur ce site recelant quantité de logiciels contrefaits et un éditeur de gravage de CD-ROM, les veilleurs ont découvert un répertoire de cartes de crédit où figuraient non seulement les numéros et dates d’expiration, mais les noms, prénoms, adresses et e-mail des titulaires. La gendarmerie, saisie de l’affaire, a confié l’enquête préliminaire à sa section de recherches de Paris. Le site s’est avéré être hébergé sur le serveur d’une université slovène. Toutes les “victimes” françaises ont été contactées. Une seule a porté plainte. Les enquêteurs tentent désormais de déterminer comment un tel fichier a pu se retrouver en accès libre sur Internet. Cette découverte relance bien sûr le débat sur la sécurisation des moyens de paiement sur Internet. Sollicitée pour réagir sur cette affaire, l’Association française des banques se retourne vers le Groupement des cartes bancaires qui s’avoue “préoccupé par l’émergence de ce type de site”. Pour contrer ce type de fraude, il compte surtout sur la mise en place d’une solution de sécurisation du paiement en ligne d’ici le printemps prochain. Les entreprises disposant d’un site Web s’affolent à l’idée que ce genre de sites pirates ne provoque un vent de panique chez les internautes et ne freine les premiers pas du commerce électronique en France. Depuis quelques mois, on assiste à une augmentation importante du nombre de détournements de numéros de cartes de crédit. Le parquet de Paris a ainsi enregistré, en 18 mois, près de 400 plaintes. Dans 15 % des cas, les numéros auraient été récupérés sur Internet. L’an dernier, le FBI a intercepté à San Francisco un trafiquant cherchant à vendre pour un million de F un CD-ROM crypté sur lequel étaient enregistrés 80 000 numéros de cartes de crédit capturés sur le Net … L’AFUB pour sa part a recensé un million de français n’ayant jamais mis les pieds sur le territoire américain dont le numéro de carte bancaire a été frauduleusement utilisé aux Etats-Unis pour régler billets d’avion ou nuits d’hôtels. (Supplément radio-télé-multimédia Le Monde 25-26/10/1998)